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lundi 27 octobre 2008

Petits dysfonctionnements et autres joyeusetés …


Une des premières activités en arrivant en cours ces derniers temps est de justement trouver une salle libre. En effet, les emplois du temps on été modifiés à plusieurs reprises mais sans se préoccuper de savoir si les salles attribuées sont libres ou pas. J'avais ainsi avant la rentrée un emploi du temps dans lequel j'étais toute la semaine en salle 11. Bien.
Quelques jours plus tard, les emplois du temps des classes sont en ligne sur le site du lycée et j'apprends alors que les élèves n'ont pas les même numéros de salle que moi.

Reste un dernier problème à régler: je suis plusieurs heures dans la semaine en salle 17 ou 18, or, la salle 17 est la salle informatique, réservée comme son nom l'indique aux TP d'info, et en plus limitée à 19 places - je me vois mal y amener une classe de 34 secondes - et la salle 18 est un espèce de local/débarras où 4 tables se battent en duel.

Renseignements pris auprès des collègues: "Quand c'est comme ça, on s'arrange entre nous, ya toujours une salle de libre sur l'étage." (le 1er étage du bâtiment étant principalement 'rempli' de salles de maths).

Mais la vraie nouveauté est arrivée il y a deux semaines: un vingtaine d'étudiants plus agés que n'importe qui d'autre dans le lycée, j'ai nommé l'université du troisième âge, qui vient tranquillement, tous les jeudis après-midi, faire ses cours dans nos salles. Il y a deux semaines, ils se sont fait délogés par le collègue de philo qui s'était fait prendre sa salle, et la semaine dernière rebolote, ils s'étaient de nouveau incrusté dans la même salle (et en plus ils font du bruit dans les couloirs, presque pire que nos élèves) …


À part ça vendredi dernier avait lieu l'inauguration du lycée et de la pose de la première pierre du gymnase, en présence du recteur d'académie, du président du Conseil Régional … et à laquelle nous n'étions pas invités: ni profs, ni élèves. Enfin, les membres du Conseil d'Administration ont tout de même été invités, mais pas par le proviseur mais par le président du CR, et de toute façon il n'avait pas été prévu d'aménagement à l'emploi du temps pour pouvoir y être présent.

Certains collègues apprécièrent au passage de voir quelques élèves faire les beaux devant les caméras de télé et être absents ensuite toute la journée.
C'est en effet une autre conséquence de la non-coordination des emplois du temps: la vie scolaire a des emplois du temps qui ne correspondent pas à ceux des classes. Les profs marquent donc certains élèves absents des cours mais comme pour la vie sco ils ne sont pas censés avoir cours, ils ne sont pas marqués absents. Il manque donc dans certaines classes - et particulièrement des terminales - en permanence au moins 4-5 élèves…


Pour finir, un petit lapsus d'un seconde vendredi dernier, qui essayait de donner elle-même un exemple de réciproque et contraposée:
Si Mr M. est prof de maths, ça implique qu'il est doué en maths. La réciproque c'est que s'il est doué en maths, alors il est prof;
et s'il est pas doué en maths, alors il est pas prof c'est la contraception ! euh, la contraposée…

jeudi 9 octobre 2008

Réforme, vous avez dit réforme ?


J'inaugure aujourd'hui une première note sur ce qui pourrait bien être le fil rouge de cette année: la réforme des lycées.
Cette fuameuse réforme qui doit mener à une nouvelle seconde en 2009, une nouvelle première en 2010, une nouvelle terminale en 2011 et finalement un nouveau bac à la session 2012. Les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué qu'elle est donc censée entrer en vigueur dans 11 mois…

Petit rappel:
Jusqu'à maintenant:
Les élèves sont regroupés dans des classes, chaque classe ayant un professeur par matière; l'année est découpée en trimestre et un conseil de classe se réunit à chaque fin de trimestre pour faire le point sur les élèves de la classe.

L'an prochain:
Disparition des classes en tant que telles, découpage de l'année en semestres, enseignement réparti en modules de 3h.
Voilà pour les grandes lignes.

Dans le détail, ça donne quoi ?
Tout d'abord, les modules sont classés en trois catégories: les obligatoires, les modules d'exploration, et les modules d'accompagnement. Si les deux premières catégories correspondent à des enseignements, la dernière s'inscrit dans la continuité de l'aide individualisée qui existe déjà en seconde, c'est-à-dire du soutien, de la remédiation, beaucoup de bonnes intentions, mais en tout cas pas des cours à proprement parler. Ainsi, si un élève de 2nde 'normal' avait jusqu'ici une trentaine d'heures de cours par semaine en moyenne, il n'aurait plus que 27h l'an prochain - réparties en 9 modules de 3h - mais qui ne seront pas 27h de cours, puisque sont inclues les heures d'accompagnement.

Que va-t-on trouver dans ces modules ? Resteraient obligatoires le français, les maths, l'histoire géo, les langues LV1 et LV2, et enfin l'EPS. La physique, la SVT ne sont ainsi plus des matières obligatoires, mais passeraient en modules d'exploration.
Notons au passage que l'histoire-géo deviendrait elle aussi obligatoire à partir de la première, laissant sa place dans les enseignements obligatoires à la philosophie.

Les premières conséquences sont évidentes: l'emploi du temps doit complètement être repensé, et au passage revoir le service des profs. Peut-on maintenir un service obligatoire de 18h/semaine lorsqu'on ne sait pas d'un semestre à l'autre les niveaux ou les modules que l'on aura ? Pas grave, faisons sauter au passage le statut des profs - après tout, ce n'est pas comme si c'était un but à atteindre depuis quelques temps déjà.
De plus, passer à des modules de 3h/semaine entraine immanquablement une baisse du nombre d'heures par matière - et accessoirement une refonte nécessaire des programmes qui seront bien trop volumineux pour les quelques heures accordées par semestre. Par exemple, en seconde, ce sont 1h30 de français qui passent à la trappe, ou encore 1h en maths, et inutile de préciser que les dégats sont encore plus importants pour les matières ne figurant pas dans les obligatoires.
À l'échelle d'un lycée moyen comportant 6 classes de seconde, c'est donc 9h de français, soit un demi-poste, qui disparaissent et 6h, un tiers de poste, pour les maths. Et cela, par lycée. Et encore ne sont comptées ici que les horaires élèves, un prof faisant souvent plus d'heures, du fait des dédoublements de classe (en maths, un élève de seconde aura 4h de maths/semaine, mais un prof verra la classe 3h en entier et 1h chaque demi-groupe, soit 5h au total Passer à 3h/semaine représente donc une baisse de 2h dans le service d'un prof de maths).

Et la même chose se reproduira dans les années à venir, quand les classes de première et de terminale subiront le même sort.
Dans notre académie, ce sont ainsi pas moins de 400 postes de lycée qui sont prévus à la suppression pour la rentrée prochaine (dixit les IPR). Mais ces 400 suppressions ne seront pas compensées par les départs en retraite. Alors on fait quoi ? On diminue le nombre de postes au concours, voir on le ferme complètement ? Vous qui êtes en train de vous préparer à passer les concours, merci mais on a plus besoin de vous, allez vous orienter ailleurs.
Et ceux qui vont rester avec leur poste supprimé sans rien d'autre, on en fait quoi ? On les met à la porte ? On les mute ?

Le même problème va d'ailleurs se poser, à une autre échelle, au niveau du choix des modules d'exploration : si aucun ou très peu d'élèves choisissent un module, on le maintient quand même d'un semestre à l'autre? Inversement, et si trop d'élèves choisissent un module en particulier ?
Comment va se faire le choix des modules ? La réforme doit s'appliquer à la rentrée prochaine, donc pour les élèves actuellement en 3e, mais aucune info n'est faite et ne peut être faite pour l'instant, et pour cause, c'est pour l'instant un immense flou artistique (de là à dire qu'il est volontairement entretenu… et puis il ne faut surement pas non plus y voir une volonté de passer en force et en urgence la réforme, non… du tout…)

Comment les élèves vont-ils faire leurs choix de module ? Va-t-on devoir aller faire de la pub dans les collèges défendre son bout de gras ? Les élèves choisiront-ils un module pour le contenu (aussi pauvre sera-t-il, du fait de la diminution des heures) ou parce qu'il s'assurera de bons résultats, à la limite de la complaisance, avec Mr Untel ou Mme Untelle qui essaiera ainsi de sauver ses heures… Et les modules d'accompagnement, voilà une belle occasion de déclencher des gueguerres internes entre collègues pour décider qui assurera tel ou tel module d'accompagnement et sauver ainsi quelques heures dans l'établissement. Diviser pour mieux régner disait l'autre…

On arrive ainsi vers une situation où l'élève viendra chercher quelques miettes d'enseignement qu'il aura décidé, aura l'impression de faire ou d'apprendre des choses, bref il viendra consommer. Voici venu le temps de l'éducation nationale premier prix: c'est pas cher et ya pas grand chose à se mettre sous la dent …

On peut aussi alors imaginer la suite logique: si un module a du succès, c'est que le prof est bon ("bon" pouvant vouloir dire "intéressant", "pas exigeant" ou encore "met des bonnes notes"). À l'inverse, un module est boudé, c'est que le prof est mauvais (="exigeant", "il faut travailler", ou effectivement "mauvais" - ça existe, malheureusement). Et c'est la route toute tracée pour le salaire au "mérite", quelle coïncidence, le hasard fait bien les choses quand même…


Et le bac dans tout ça ? Sachant que chaque élève aura suivi un parcours différent pendant sa scolarité, comment peut-on encore faire passer un diplôme national ? À force de parler de contrôle continu et de modules, ce qui se dessine tout naturellement ressemblera ainsi surement plus à de la validation de modules, du même type de ce qui se fait en université. Comment dès lors comparer les savoirs et les compétences d'élèves venant de différents lycées, puisqu'ils n'auront - en partie du moins - pas fait la même chose ?


Bref, un enseignement qui s'appauvrit (et le terme est faible) encore plus, des conditions d'enseignement qui se dégradent encore davantage … Seul point positif, les économies et les suppression de postes que cela va entraîner. Mais je ne vois pas bien en quoi cela peut être positif, en tout cas pas pour les élèves ni pour les profs …

samedi 27 septembre 2008

J+4


Et voilà, une semaine de faite. Premier bilan: le lycée, ça repose plus que le collège, en classe tout du moins. Même mes classes de 2nde à 33 élèves font moins de bruit que la vingtaine de 4e que j'avais l'an dernier. Par contre, niveau préparation, il n'y a pas de quoi s'ennuyer, particulièrement avec des terminales S. J'avoue avoir même eu une petite frayeur à la vue du programme, sachant que j'ai déjà perdu 3 semaines, et qu'il ne faut pas espérer aller plus loin que fin mai pour tout boucler.

J'avais déjà repéré les lieux vendredi dernier, rencontré quelques collègues …
- (collègue de maths à un autre) Tiens, voilà ..., prof de maths.
- (autre collègue) ah, bien ! (se tournant vers l'autre) et celui qui s'était vautré, alors ?
- c'est moi !



L'ambiance a ainsi l'air plutôt bonne, mais on ne peut pas en dire autant des emplois du temps, et particulièrement des numéros de salle: sur mon emploi du temps apparaissait toujours la même salle toute la semaine, mais sur celui des élèves, la salle n'était plus la même. Les emplois du temps ont entre temps changé, et certaines salles réattribuées, et parfois à deux profs en même temps. Un peu gênant quand même …
Heureusement, les salles de maths sont toutes sur le même étage et on s'arrange donc entre nous lorsqu'il y a un problème.

Bref, pour l'instant tout se passe relativement bien (et en plus on a des tableaux noirs, à craies), pourvu que ça dure …

samedi 6 septembre 2008

C'est quand déjà la rentrée ?


Quoi de neuf en cette rentrée 2008 te demandes-tu, ami lecteur ?
Et bien pas grand chose, puisque pour l'instant ma rentrée est prévue pour le 22 septembre. Je profite ainsi, bien au chaud dans mon plâtre et mon fauteuil roulant, des derniers jours de répit avant de rentrer pour de bon. Au moins pourrais-je profiter de ce délais supplémentaire pour mettre au point mes cours. Enfin… il faudra que j'y pense …

En attendant, j'ai eu confirmation que je vais retrouver en 2nde des élèves que j'ai eu au collège, témoin ce mail reçu il y a quelques jours:
Bonjour Mr !
Vous allez biien ?? Ou plutot miieux ??
Alala on étaiit pressé de vous avoiir ! ^^
Rétabliissez vous biien et viite !
Biisxx = )
L'orthographe est d'origine et pour une fois presque correcte, les double 'i' sont là juste "pour faire style" - j'avais déjà eu l'occasion d'en demander la raison pendant l'année, puisqu'elles (ce sont des filles qui me l'ont envoyé) écrivent aussi comme ça sur leurs blogs.
Pauvres élèves, à qui il va manquer trois semaines de maths. J'ai presque envie de verser une larme, tiens.

Parce qu'il faut savoir que pendant ces trois semaines, je ne serai pas remplacé. C'était pourtant facile à deviner quand on sait qu'il manque une trentaine de postes de profs de maths dans l'académie, et que tous les TZR ont été affectés en remplacement à l'année pour pallier ce déficit. Mais évidemment, tous les TZR ne font pas le compte et il reste des postes à pourvoir par des vacataires ou des contractuelles. Alors si en plus il faut assurer un remplacement de trois semaines, faut quand même pas rêver …
Pour l'instant, ce sont donc mes futurs collègues - que je ne connais même pas encore - qui prennent quelques heures avec mes classes. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas de ce 'cadeau' indépendant de ma volonté …

Mais …

Qui dit arrêt de travail, dit administration, et qui dit administration, dit rectorat. Et là, on peut commencer à rire - ou désespérer, c'est selon.
J'ai en effet envoyé mon arrêt de travail à mon employeur, que je croyais être le rectorat. Et bien non ! Il fallait en fait l'envoyer au collège. J'ai appris tout cela après un appel au rectorat qui s'est déroulé à peu près comme ça:

- Rectorat bonjour.
- Bonjour, Mr ..., TZR maths, j'ai envoyé un arrêt de travail il y a une quinzaine de jours et j'ai pas eu de nouvelles.
- Vous êtes en maths, c'est ça ?
- oui
- parce que Mr X qui s'occupait des maths est parti et on a pas encore de remplaçant. Mais je vais vous passer ma collègue, elle saura peut-être vous renseigner.

- Oui, bonjour ?
- bonjour … TZR … arrêt de travail …
- vous êtes en maths ?
- oui
- je m'occupe pas des maths normalement, c'est Mr X mais il est parti
- oui, c'est ce qu'on m'a dit
- mais bon il vous suffit d'envoyer votre arrêt à votre établissement de rattachement, voilà !
- oui, maintenant je sais, mais le problème c'est que pour l'instant, mon arrêt, il est perdu quelque part au rectorat …
- ah … je vais regarder dans votre dossier … non il n'y est pas. Bah vous n'avez qu'à envoyer une photocopie en expliquant la situation.
- d'accord, merci.


Aujourd'hui, 5 septembre, 20e jour sans nouvelles de mon arrêt de travail …

mercredi 30 juillet 2008

Au fait …


Bonnes vacances !



vendredi 18 juillet 2008

Je passe !


Après quatre ans passés dans différents collèges, j'ai donc eu le droit de passer dans les classes suivantes: je serai donc en lycée à la rentrée prochaine - dans à peine plus de 6 semaines, déjà...

Deux classes de 2nde, une 1ère STL (Science et Technologie de Laboratoire) et une Terminale S, tout ça pour moi.

Pour moi aussi les progressions et la préparation des cours pendant les vacances.

Mais que l'on se rassure, ce lycée n'est autre que celui dans lequel sont partis nos 3e - pas tous non plus, faut pas exagérer - il y a donc une grande probabilité que je me retrouve avec des anciens élèves, de cette année comme de l'année dernière d'ailleurs.

Eux qui se pensaient débarrassés de moi (et réciproquement) ...

samedi 5 juillet 2008

65%


Réussite de nos 3e au brevet cette année.
Certains diront peut-être que c'est peu, mais c'est toujours plus que ce que nous espérions.
Surtout que cette année, en plus des notes du contrôle continu (arrondies au demi-point supérieur tant qu'à faire), des notes de l'épreuve (qu'on nous a demandé d'arrondir au point - merci les 4 points de présentation qui permettent d'arranger ça), les élèves devaient maîtriser 80% des compétences du B2i et maîtriser le niveau A2 en langue vivante, ces deux dernières choses étant éliminatoires.

Les compétences du B2i sont validées tout au long de l'année par les profs, et le niveau A2 était, cette année, évalué globalement par les profs concernés. On savait donc déjà pour certains 3e qu'ils n'auraient pas leur brevet, puisque ne maîtrisant pas le niveau A2.

Et ça a été effectivement le cas pour trois d'entre eux, qui ont une moyenne suffisante pour obtenir le brevet ('suffisante' = pas loin de 10, ce n'est pas non plus brillant niveau notes) mais ne sont pas admis pour cause de niveau A2 partiellement maîtrisé.

Là où cela énerve un peu, c'est lorsqu'on apprend que certains établissements se targuent d'avoir 70% de réussite, tout en se vantant d'avoir donné le B2i et le niveau A2 à tous les élèves (en faisant pareil, nous aurions eu 71% de réussite).

Pour cette fois, l'honnêteté n'aura donc pas payé, et ce sont les élèves qui en auront fait les frais ...

jeudi 3 juillet 2008

Madame, Monsieur,


Comme vous le savez, aujourd'hui se termine cette année scolaire qui nous l'espérons, aura été profitable et riche pour l'ensemble des élèves.
Mais si les meilleures choses ont une fin, elles ont aussi un commencement, et c'est ainsi avec une tristesse difficilement dissimulable que nous nous voyons au regret de vous rendre vos enfants, et que commence pour vous cette période bénie de l'année pendant laquelle vous retrouvez avec bonheur votre progéniture pour deux mois.

À vous maintenant de profiter de tous ces instants magiques, qui resteront à jamais gravés dans nos esprits et écrits dans nos rapports, dont ils nous ont gratifié toute l'année durant, de ces petits incidents qui font les heures de colle, à ces grandes insolences qui font les exclusions.

Soyez également assurés de notre plus profond regret à ne pas pouvoir être présent avec vous pour profiter de ces belles et grandes leçons de vie et d'éducation que vous ne manquerez pas de leur prodiguer, et qui nous font, vous le savez bien, tant défaut.

Permettez-nous donc de vous adresser nos meilleurs vœux de réussite pour ces vacances, et que nous puissions nous retrouver à la rentrée prochaine pour une nouvelle année qui sera assurément meilleure que celle-ci, mais moins bonne que la suivante.

Dans l'attente presque impatiente de vous revoir, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos considérations distinguées.

mercredi 2 juillet 2008

Dernière semaine


Cette dernière semaine a ainsi commencé lundi avec la correction de 41 copies de l'épreuve de mathématiques du brevet. Se retrouver à une dizaine de profs de maths dans une salle de classe à corriger chacun son tas de copie et faire partager les perles trouvées - les meilleures, si on devait toutes les donner, on serait toujours en train de parler. C'était la première fois pour moi que je corrigeais, et si jusque là j'avais entendu dire qu'on leur donnait les points, maintenant je peux le dire: oui, on leur donne les points.

Mais ce n'est pas pour autant qu'ils s'en sortent bien puisque la moyenne tournait, au fur et à mesure des corrections, à ~21/40. Et pourtant certaines questions étaient vraiment bien payées, et les plus difficiles ne rapportaient pas tant que ça.

Exemples:

Première partie, première exercice: un programme de calcul était donné:
"Choisir un nombre, multiplier par 3, ajouter le carré du nombre choisi, multiplier par 2.

Première question: "Vérifier qu'en partant de 10, on trouve 260."
1 point pour la question: 0,5 si l'élève avait compris le programme de calcul et 0,5 si ses calculs étaient justes. Et évidement, à plusieurs reprises, j'ai eu droit à
"Non, on ne trouve pas 260 mais 1800." (ou tout autre résultat faux).
Même avec la réponse dans l'énoncé, certains trouvent donc le moyen d'être à côté de la plaque. D'autres au moins, ont des calculs faux, mais ont quand même eu l'idée de mettre 260 au résultat : 10×3=30 ; 30+900 = 260, ni vu ni connu ...

Exercice suivant: 2 est-il solution de l'équation 2a²-3a-5 = 1 ?
Niveau 5e (je l'ai donné en exemple dans la leçon que je faisais le jour de l'épreuve sur les équations avec les 5e, ils n'en revenaient pas). Certains se sont lancés dans la résolution de l'équation alors qu'on ne leur demandait pas, et surtout qu'ils ne savent pas faire. Un, particulièrement, a écrit que 2 n'était pas une solution mais un "nombre de l'équation comme 3 ou 5". Quand je suis tombé sur cette copie, j'ai imaginé quelques secondes l'élève qui était derrière, et qui depuis la 5e, donc au moins 3 ans, entend parler d'équation, sans finalement savoir ni ce que c'est, ni ce qu'on peut en faire.

Le reste n'était pas extraordinaire. Fait intéressant toutefois, une collègue a eu dans une des copies:
"Cela fait 10 minutes que je refais le calcul, je n'arrive pas à trouver le bon résultat. Est-ce que le correcteur pourrait m'indiquer la formule à utiliser, merci."

La partie géométrie était classique, à base de QCM dans grande difficulté et pas très bien réussi et d'un exercice avec les grands classiques: Thalès et sa réciproque, Pythagore et sa réciproque ...

Le problème a heureusement sauvé beaucoup d'élèves: puisque s'il savaient lire des valeurs sur un graphique, ils avaient 4 points 'donnés', et s'ils savaient tracer une droite avec leur règle, ils avaient 1,5 pts. Quasiment la moitié des points du problème sur des compétences de niveau 6e attardé...

Bref, en 5h les 41 copies étaient corrigées, 7min20s par copie.


Le reste de la semaine - hier et aujourd'hui - fut constitué d'heures à haute teneur pédagogique, à base de Jungle Speed, Uno, Baccalauréat ou Belote. La première chose que les 3e m'ont dit hier était "Monsieur, faut qu'on vous teste au Jungle Speed !" et les 4A, particulièrement Nicolas, m'a pour sa part demandé:
"- Monsieur, vous savez jouer à la belote ?
- oui
- alors je me mets avec vous." et on a passé 2h à jouer à la belote, la belle ayant été interrompue par la sonnerie, on ne saura jamais si nous aurions gagné, mais tant pis.

Ce qui est gagné pour de bon, en tous cas, c'est les vacances !

jeudi 26 juin 2008

"On va faire quoi après ?"


Voilà la question sur toutes les lèvres (des élèves) en ce moment. Car si pour les 3e, l'heure du brevet a sonné ce matin, marquant pour eux la fin de l'année, les autres aussi se croient déjà en vacances - même si pour certains les vacances n'ont jamais vraiment cessé ...

Les 4e m'avaient déjà prévenu la semaine dernière:
"Bon, on veut bien travailler cette semaine, mais après c'est fini, on fait des jeux" sur le ton du "on est sympa, on vous fait une faveur, mais faut pas pousser non plus, non mais oh!".

Mais ce n'est pas ça le pire. Non, le pire, c'est qu'ils vont venir jusqu'au dernier jour, pour différentes raisons d'ailleurs:
- parce qu'ils sont avec les copains
- parce que les parents ne les veulent pas dans leurs pattes, et repoussent jusqu'à la dernière limite le moment où ils vont devoir les récupérer.
- d'autres encore font plus original: "pour se venger des profs".

Pour les 3e, j'ai encore officiellement 3h à faire avec eux. Je peux bien en 1h faire une correction rapide du brevet, mais il restera toujours 2h à combler. D'un autre côté, certains 3e m'ont déjà demandé si je connaissais le Jungle Speed. Il se pourrait en fin de compte que les deux dernières heures mercredi soient des heures Jungle Speed.

Pour les 4e, j'ai encore aussi 3h avec chaque classe, dont 2h mardi. Il faudra donc ruser pour les faire travailler sans qu'ils ne s'en aperçoivent, c'est pas gagné.

Le tableau est relativement le même avec les 5e, mais eux joueront certainement le jeu.

Bref, pour l'instant, le programme est fait pour demain, mais je vais faire quoi après ? ...