lundi 16 février 2009
S'il n'y a pas eu de mise à jour récente, ce n'est pas parce qu'il n'y ne se passe plus rien, bien au contraire. Entre les préparations, les corrections, les réunions diverses et variées (et un peu trop fréquentes en ce moment d'ailleurs), le temps se fait court.
Mais heureusement tout va bien.
Tout va bien:
nous aurions normalement dû accueillir un 36e élève dans une des secondes, mais celui-ci n'a pas encore fait son apparition - même pas encore arrivé et déjà absent (?).
Cette même classe de seconde 2, dont j'ai dû expliquer à plusieurs des apprenants que si on demande un type de calculatrice précis à l'entrée en seconde, ce n'est pas pour embêter papa et maman qui devront racheter une calculatrice, mais que c'est de ce type de calculatrice dont on aura besoin. Mais non, "40€ c'est trop cher!" ou encore "c'était pour la calculatrice ou pour le portable" et évidemment c'est le forfait du mobile qui a gagné le match par KO.
C'est du coup plutôt dur de faire la séance prévue sur l'utilisation de la calculatrice, quand la moitié d'un groupe n'a pas de calculatrice adaptée - pour toutes les plus mauvaises raisons possibles - et que l'autre moitié la laisse chez eux, parce qu'"ils ne savaient pas qu'on en aurait besoin en maths" (sic) ...
Cette même classe dont j'ai menacé les élèves d'heures de colle si les cours n'étaient pas rattrapés d'ici vendredi, jour de la vérification. Les pauvres petits ont en effet autre chose à faire que de s'inquiéter de ce qui a été fait pendant leurs absences (justifiées ou pas d'ailleurs, le résultat est le même …) et viennent ensuite tout naturellement se plaindre qu'ils ne comprennent pas ou qu'ils ratent les devoirs.
- Monsieur, je comprends pas
- t'as rattrapé la leçon ?
- ben non
- tu attends quoi ?
- je savais pas …
Heureusement qu'il y a toujours des
têtes à claques gentils apprenants qui passent leur temps à remettre en cause tout ce qu'on peut leur dire - sans jamais se remettre en cause, eux, non mais et puis quoi encore ? - et faire des commentaires sur tout, et surtout des commentaires.
Bref, tout va bien. Et encore il ne s'agit là que d'une de mes classes de secondes, l'autre étant en train de tourner de la même façon…
Mais heureusement, vendredi aura lieu le carnaval, les élèves pourront venir en cours déguisés, et un jury désignera en dernière heure de la journée le plus beau déguisement lors du concours organisé à cette occasion, à la place de la dernière heure de cours. Après tout, il faut bien qu'ils s'amusent ces petits lycéens…
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mardi 25 novembre 2008
Avant toute chose, et parce que je vous vois bien arriver, non, il ne sera pas question une nouvelle fois ici des élèves. Non. "Ils", mais j'aurais pu dire "nous" sommes mauvais, nous, professeurs de maths de mon lycée. Inutile de nous voiler la face plus longtemps, les preuves sont là, irréfutables et accablantes …
La première, et pas des moindres, fut assénée à l'une de mes collègues, par la proviseur adjointe en personne: les moyennes de maths sont très mauvaises, il y a donc un problème en maths. Et oui, le moyennes de classe sont toutes aussi basses les unes quel les autres, quelque soit le prof de maths considéré. Heureusement, la situation a été soufflée par la même proviseur adjointe, "et si vous leur faisiez des petits contrôles plus simples pour remonter les notes ?".
Donc c'est clair: les devoirs que l'on donne sont trop durs, trop longs (toujours, évidemment), et les pauvres petits apprenants se trompent.
Heureusement, du soutien va être mis en place pour ceux qui seront volontaires, il y a des heures pour ça - par contre quand j'en ai demandé pour en faire aux terminales S qui en réclamaient, on m'a répondu, en abrégé mais pas tant que ça, "faites-en si vous voulez, mais pour les payer, on verra quand on aura fait le compte des heures-supp" qu'on pourrait aussi remplacer par "vas-y, on te regarde!"
Bref, nous allons donc avoir l'immense bonheur de participer à une réunion axée sur les 2nde, dans le but de les aider à devenir les futurs génies de demain. Et puisqu'on nous a demandé de réfléchir dès à présent à des solutions possibles, en voici quelques unes qui me sont venues, mais qui ne soulèveront malheureusement pas l'enthousiasme auprès des élèves.
Ils pourraient par exemple (soyons fous!) apprendre les leçons et faire les exercices. Mais bon, c'est un peu extrême, on pourrait avoir les parents sur le dos…
Comme par exemple ce qui est arrivé ce matin à une autre collègue (de maths toujours) que la mère d'un terminale est venu voir parce que son fils lui avait dit que la collègue ne l'aimait pas et lui mettait de mauvaises notes exprès, et qu'à cause de ça son fils était au bord du suicide. Apparemment en classe, il serait plutôt du genre suicidaire décontracté-relax-pas-inquiet mais bon …
Ou encore cet autre élève de 2nde, Maxime, qui s'est décidé au bout de 40 minutes (véridique) et après un tableau rempli de leçon, à commencer à la recopier. Malheureusement, ma remarque sur sa vivacité à noter la leçon ne lui a pas plus et en plus, comble de l'acharnement, j'ai effacé le tableau juste au moment où il se mettait à recopier. Aujourd'hui, soit 5 jours plus tard, le mot sur son carnet était signé mais la leçon toujours pas recopiée, et en plus il avait l'air étonné que je lui demande…
Citons également Tomas, qui, 5 jours après la leçon sur les intervalles
où ils ont vu la notation de l'infini ∞ me demande de refaire un "exemple avec le 8", ou encore Kévin, qui n'a pas compris comment on trouvait l'union ou l'intersection de deux intervalles, mais n'est même pas capable de donner la définition des termes…
Rajoutons à cela ceux qui justifient leurs absences par 'pont' ou 'grève' - qui ne se cachent donc même plus d'être des fumistes complets - ou qui reviennent en cours sans avoir justifié quoi que ce soit de leurs absences et qui regardent avec des yeux ronds quand on leur demande de le faire au plus vite.
Et à côté de tout cela, on retrouve Manon (oui, la Manon de 3A de l'an dernier) qui m'informe, le plus naturellement du monde, qu'étant donné que les maths ne l'intéressent pas, se met au fond de la classe pour pouvoir discuter sans me déranger, et ne comprend donc pas que je la reprenne à chaque fois. Ou encore Kévin (le même) qui ne comprenait pas que je lui mette une punition parce qu'il parlait tout le temps ("c'est normal, moi quand il ne se passe rien, je parle un peu pour passer le temps", le 'quand il ne se passe rien' étant le moment où je me tais pour attendre le silence …)
Et enfin, Marine - 2nde toujours - qui tout simplement, alors que je lui demandais là encore de me réciter une définition du cours - l'interrompant par là même dans son intense contemplation de la fenêtre - me dit ne rien comprendre à mes cours (que l'on soit bien clair, ce ne sont pas les maths qui sont en cause, mais bien mes cours, moi) et qu'il est donc normal qu'elle s'occupe à autre chose et me réponde n'importe quoi et surtout n'importe comment quand je l'interromps dans son inactivité mathématique.
Là c'est vraiment clair, il y a bien un problème avec les (profs de) maths …
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lundi 27 octobre 2008
Une des premières activités en arrivant en cours ces derniers temps est de justement trouver une salle libre. En effet, les emplois du temps on été modifiés à plusieurs reprises mais sans se préoccuper de savoir si les salles attribuées sont libres ou pas. J'avais ainsi avant la rentrée un emploi du temps dans lequel j'étais toute la semaine en salle 11. Bien.
Quelques jours plus tard, les emplois du temps des classes sont en ligne sur le site du lycée et j'apprends alors que les élèves n'ont pas les même numéros de salle que moi.
Reste un dernier problème à régler: je suis plusieurs heures dans la semaine en salle 17 ou 18, or, la salle 17 est la salle informatique, réservée comme son nom l'indique aux TP d'info, et en plus limitée à 19 places - je me vois mal y amener une classe de 34 secondes - et la salle 18 est un espèce de local/débarras où 4 tables se battent en duel.
Renseignements pris auprès des collègues: "Quand c'est comme ça, on s'arrange entre nous, ya toujours une salle de libre sur l'étage." (le 1er étage du bâtiment étant principalement 'rempli' de salles de maths).
Mais la vraie nouveauté est arrivée il y a deux semaines: un vingtaine d'étudiants plus agés que n'importe qui d'autre dans le lycée, j'ai nommé l'université du troisième âge, qui vient tranquillement, tous les jeudis après-midi, faire ses cours dans nos salles. Il y a deux semaines, ils se sont fait délogés par le collègue de philo qui s'était fait prendre sa salle, et la semaine dernière rebolote, ils s'étaient de nouveau incrusté dans la même salle (et en plus ils font du bruit dans les couloirs, presque pire que nos élèves) …
À part ça vendredi dernier avait lieu l'inauguration du lycée et de la pose de la première pierre du gymnase, en présence du recteur d'académie, du président du Conseil Régional … et à laquelle nous n'étions pas invités: ni profs, ni élèves. Enfin, les membres du Conseil d'Administration ont tout de même été invités, mais pas par le proviseur mais par le président du CR, et de toute façon il n'avait pas été prévu d'aménagement à l'emploi du temps pour pouvoir y être présent.
Certains collègues apprécièrent au passage de voir quelques élèves faire les beaux devant les caméras de télé et être absents ensuite toute la journée.
C'est en effet une autre conséquence de la non-coordination des emplois du temps: la vie scolaire a des emplois du temps qui ne correspondent pas à ceux des classes. Les profs marquent donc certains élèves absents des cours mais comme pour la vie sco ils ne sont pas censés avoir cours, ils ne sont pas marqués absents. Il manque donc dans certaines classes - et particulièrement des terminales - en permanence au moins 4-5 élèves…
Pour finir, un petit lapsus d'un seconde vendredi dernier, qui essayait de donner elle-même un exemple de réciproque et contraposée:
Si Mr M. est prof de maths, ça implique qu'il est doué en maths. La réciproque c'est que s'il est doué en maths, alors il est prof;
et s'il est pas doué en maths, alors il est pas prof c'est la contraception ! euh, la contraposée…
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jeudi 9 octobre 2008
J'inaugure aujourd'hui une première note sur ce qui pourrait bien être le fil rouge de cette année: la réforme des lycées.
Cette fuameuse réforme qui doit mener à une nouvelle seconde en 2009, une nouvelle première en 2010, une nouvelle terminale en 2011 et finalement un nouveau bac à la session 2012. Les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué qu'elle est donc censée entrer en vigueur dans 11 mois…
Petit rappel:
Jusqu'à maintenant:
Les élèves sont regroupés dans des classes, chaque classe ayant un professeur par matière; l'année est découpée en trimestre et un conseil de classe se réunit à chaque fin de trimestre pour faire le point sur les élèves de la classe.
L'an prochain:
Disparition des classes en tant que telles, découpage de l'année en semestres, enseignement réparti en modules de 3h.
Voilà pour les grandes lignes.
Dans le détail, ça donne quoi ?
Tout d'abord, les modules sont classés en trois catégories: les obligatoires, les modules d'exploration, et les modules d'accompagnement. Si les deux premières catégories correspondent à des enseignements, la dernière s'inscrit dans la continuité de l'aide individualisée qui existe déjà en seconde, c'est-à-dire du soutien, de la remédiation, beaucoup de bonnes intentions, mais en tout cas pas des cours à proprement parler. Ainsi, si un élève de 2nde 'normal' avait jusqu'ici une trentaine d'heures de cours par semaine en moyenne, il n'aurait plus que 27h l'an prochain - réparties en 9 modules de 3h - mais qui ne seront pas 27h de cours, puisque sont inclues les heures d'accompagnement.
Que va-t-on trouver dans ces modules ? Resteraient obligatoires le français, les maths, l'histoire géo, les langues LV1 et LV2, et enfin l'EPS. La physique, la SVT ne sont ainsi plus des matières obligatoires, mais passeraient en modules d'exploration.
Notons au passage que l'histoire-géo deviendrait elle aussi obligatoire à partir de la première, laissant sa place dans les enseignements obligatoires à la philosophie.
Les premières conséquences sont évidentes: l'emploi du temps doit complètement être repensé, et au passage revoir le service des profs. Peut-on maintenir un service obligatoire de 18h/semaine lorsqu'on ne sait pas d'un semestre à l'autre les niveaux ou les modules que l'on aura ? Pas grave, faisons sauter au passage le statut des profs - après tout, ce n'est pas comme si c'était un but à atteindre depuis quelques temps déjà.
De plus, passer à des modules de 3h/semaine entraine immanquablement une baisse du nombre d'heures par matière - et accessoirement une refonte nécessaire des programmes qui seront bien trop volumineux pour les quelques heures accordées par semestre. Par exemple, en seconde, ce sont 1h30 de français qui passent à la trappe, ou encore 1h en maths, et inutile de préciser que les dégats sont encore plus importants pour les matières ne figurant pas dans les obligatoires.
À l'échelle d'un lycée moyen comportant 6 classes de seconde, c'est donc 9h de français, soit un demi-poste, qui disparaissent et 6h, un tiers de poste, pour les maths. Et cela, par lycée. Et encore ne sont comptées ici que les horaires élèves, un prof faisant souvent plus d'heures, du fait des dédoublements de classe (en maths, un élève de seconde aura 4h de maths/semaine, mais un prof verra la classe 3h en entier et 1h chaque demi-groupe, soit 5h au total Passer à 3h/semaine représente donc une baisse de 2h dans le service d'un prof de maths).
Et la même chose se reproduira dans les années à venir, quand les classes de première et de terminale subiront le même sort.
Dans notre académie, ce sont ainsi pas moins de 400 postes de lycée qui sont prévus à la suppression pour la rentrée prochaine (dixit les IPR). Mais ces 400 suppressions ne seront pas compensées par les départs en retraite. Alors on fait quoi ? On diminue le nombre de postes au concours, voir on le ferme complètement ? Vous qui êtes en train de vous préparer à passer les concours, merci mais on a plus besoin de vous, allez vous orienter ailleurs.
Et ceux qui vont rester avec leur poste supprimé sans rien d'autre, on en fait quoi ? On les met à la porte ? On les mute ?
Le même problème va d'ailleurs se poser, à une autre échelle, au niveau du choix des modules d'exploration : si aucun ou très peu d'élèves choisissent un module, on le maintient quand même d'un semestre à l'autre? Inversement, et si trop d'élèves choisissent un module en particulier ?
Comment va se faire le choix des modules ? La réforme doit s'appliquer à la rentrée prochaine, donc pour les élèves actuellement en 3e, mais aucune info n'est faite et ne peut être faite pour l'instant, et pour cause, c'est pour l'instant un immense flou artistique (de là à dire qu'il est volontairement entretenu… et puis il ne faut surement pas non plus y voir une volonté de passer en force et en urgence la réforme, non… du tout…)
Comment les élèves vont-ils faire leurs choix de module ? Va-t-on devoir aller faire de la pub dans les collèges défendre son bout de gras ? Les élèves choisiront-ils un module pour le contenu (aussi pauvre sera-t-il, du fait de la diminution des heures) ou parce qu'il s'assurera de bons résultats, à la limite de la complaisance, avec Mr Untel ou Mme Untelle qui essaiera ainsi de sauver ses heures… Et les modules d'accompagnement, voilà une belle occasion de déclencher des gueguerres internes entre collègues pour décider qui assurera tel ou tel module d'accompagnement et sauver ainsi quelques heures dans l'établissement. Diviser pour mieux régner disait l'autre…
On arrive ainsi vers une situation où l'élève viendra chercher quelques miettes d'enseignement qu'il aura décidé, aura l'impression de faire ou d'apprendre des choses, bref il viendra consommer. Voici venu le temps de l'éducation nationale premier prix: c'est pas cher et ya pas grand chose à se mettre sous la dent …
On peut aussi alors imaginer la suite logique: si un module a du succès, c'est que le prof est bon ("bon" pouvant vouloir dire "intéressant", "pas exigeant" ou encore "met des bonnes notes"). À l'inverse, un module est boudé, c'est que le prof est mauvais (="exigeant", "il faut travailler", ou effectivement "mauvais" - ça existe, malheureusement). Et c'est la route toute tracée pour le salaire au "mérite", quelle coïncidence, le hasard fait bien les choses quand même…
Et le bac dans tout ça ? Sachant que chaque élève aura suivi un parcours différent pendant sa scolarité, comment peut-on encore faire passer un diplôme national ? À force de parler de contrôle continu et de modules, ce qui se dessine tout naturellement ressemblera ainsi surement plus à de la validation de modules, du même type de ce qui se fait en université. Comment dès lors comparer les savoirs et les compétences d'élèves venant de différents lycées, puisqu'ils n'auront - en partie du moins - pas fait la même chose ?
Bref, un enseignement qui s'appauvrit (et le terme est faible) encore plus, des conditions d'enseignement qui se dégradent encore davantage … Seul point positif, les économies et les suppression de postes que cela va entraîner. Mais je ne vois pas bien en quoi cela peut être positif, en tout cas pas pour les élèves ni pour les profs …
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samedi 27 septembre 2008
Et voilà, une semaine de faite. Premier bilan: le lycée, ça repose plus que le collège, en classe tout du moins. Même mes classes de 2nde à 33 élèves font moins de bruit que la vingtaine de 4e que j'avais l'an dernier. Par contre, niveau préparation, il n'y a pas de quoi s'ennuyer, particulièrement avec des terminales S. J'avoue avoir même eu une petite frayeur à la vue du programme, sachant que j'ai déjà perdu 3 semaines, et qu'il ne faut pas espérer aller plus loin que fin mai pour tout boucler.
J'avais déjà repéré les lieux vendredi dernier, rencontré quelques collègues …
- (collègue de maths à un autre) Tiens, voilà ..., prof de maths.
- (autre collègue) ah, bien ! (se tournant vers l'autre) et celui qui s'était vautré, alors ?
- c'est moi !
L'ambiance a ainsi l'air plutôt bonne, mais on ne peut pas en dire autant des emplois du temps, et particulièrement des numéros de salle: sur mon emploi du temps apparaissait toujours la même salle toute la semaine, mais sur celui des élèves, la salle n'était plus la même. Les emplois du temps ont entre temps changé, et certaines salles réattribuées, et parfois à deux profs en même temps. Un peu gênant quand même …
Heureusement, les salles de maths sont toutes sur le même étage et on s'arrange donc entre nous lorsqu'il y a un problème.
Bref, pour l'instant tout se passe relativement bien (et en plus on a des tableaux noirs, à craies), pourvu que ça dure …
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samedi 6 septembre 2008
Quoi de neuf en cette rentrée 2008 te demandes-tu, ami lecteur ?
Et bien pas grand chose, puisque pour l'instant ma rentrée est prévue pour le 22 septembre. Je profite ainsi, bien au chaud dans mon plâtre et mon fauteuil roulant, des derniers jours de répit avant de rentrer pour de bon. Au moins pourrais-je profiter de ce délais supplémentaire pour mettre au point mes cours. Enfin… il faudra que j'y pense …
En attendant, j'ai eu confirmation que je vais retrouver en 2nde des élèves que j'ai eu au collège, témoin ce mail reçu il y a quelques jours:
Bonjour Mr !
Vous allez biien ?? Ou plutot miieux ??
Alala on étaiit pressé de vous avoiir ! ^^
Rétabliissez vous biien et viite !
Biisxx = )
L'orthographe est d'origine et pour une fois presque correcte, les double 'i' sont là juste "pour faire style" - j'avais déjà eu l'occasion d'en demander la raison pendant l'année, puisqu'elles (ce sont des filles qui me l'ont envoyé) écrivent aussi comme ça sur leurs blogs.
Pauvres élèves, à qui il va manquer trois semaines de maths. J'ai presque envie de verser une larme, tiens.
Parce qu'il faut savoir que pendant ces trois semaines, je ne serai pas remplacé. C'était pourtant facile à deviner quand on sait qu'il manque une trentaine de postes de profs de maths dans l'académie, et que tous les TZR ont été affectés en remplacement à l'année pour pallier ce déficit. Mais évidemment, tous les TZR ne font pas le compte et il reste des postes à pourvoir par des vacataires ou des contractuelles. Alors si en plus il faut assurer un remplacement de trois semaines, faut quand même pas rêver …
Pour l'instant, ce sont donc mes futurs collègues - que je ne connais même pas encore - qui prennent quelques heures avec mes classes. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas de ce 'cadeau' indépendant de ma volonté …
Mais …
Qui dit arrêt de travail, dit administration, et qui dit administration, dit rectorat. Et là, on peut commencer à rire - ou désespérer, c'est selon.
J'ai en effet envoyé mon arrêt de travail à mon employeur, que je croyais être le rectorat. Et bien non ! Il fallait en fait l'envoyer au collège. J'ai appris tout cela après un appel au rectorat qui s'est déroulé à peu près comme ça:
- Rectorat bonjour.
- Bonjour, Mr ..., TZR maths, j'ai envoyé un arrêt de travail il y a une quinzaine de jours et j'ai pas eu de nouvelles.
- Vous êtes en maths, c'est ça ?
- oui
- parce que Mr X qui s'occupait des maths est parti et on a pas encore de remplaçant. Mais je vais vous passer ma collègue, elle saura peut-être vous renseigner.
…
- Oui, bonjour ?
- bonjour … TZR … arrêt de travail …
- vous êtes en maths ?
- oui
- je m'occupe pas des maths normalement, c'est Mr X mais il est parti
- oui, c'est ce qu'on m'a dit
- mais bon il vous suffit d'envoyer votre arrêt à votre établissement de rattachement, voilà !
- oui, maintenant je sais, mais le problème c'est que pour l'instant, mon arrêt, il est perdu quelque part au rectorat …
- ah … je vais regarder dans votre dossier … non il n'y est pas. Bah vous n'avez qu'à envoyer une photocopie en expliquant la situation.
- d'accord, merci.Aujourd'hui, 5 septembre, 20e jour sans nouvelles de mon arrêt de travail …
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mercredi 30 juillet 2008
Bonnes vacances !
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vendredi 18 juillet 2008
Après quatre ans passés dans différents collèges, j'ai donc eu le droit de passer dans les classes suivantes: je serai donc en lycée à la rentrée prochaine - dans à peine plus de 6 semaines, déjà...
Deux classes de 2nde, une 1ère STL (Science et Technologie de Laboratoire) et une Terminale S, tout ça pour moi.
Pour moi aussi les progressions et la préparation des cours pendant les vacances.
Mais que l'on se rassure, ce lycée n'est autre que celui dans lequel sont partis nos 3e - pas tous non plus, faut pas exagérer - il y a donc une grande probabilité que je me retrouve avec des anciens élèves, de cette année comme de l'année dernière d'ailleurs.
Eux qui se pensaient débarrassés de moi (et réciproquement) ...
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samedi 5 juillet 2008
Réussite de nos 3e au brevet cette année.
Certains diront peut-être que c'est peu, mais c'est toujours plus que ce que nous espérions.
Surtout que cette année, en plus des notes du contrôle continu (arrondies au demi-point supérieur tant qu'à faire), des notes de l'épreuve (qu'on nous a demandé d'arrondir au point - merci les 4 points de présentation qui permettent d'arranger ça), les élèves devaient maîtriser 80% des
compétences du B2i et maîtriser
le niveau A2 en langue vivante, ces deux dernières choses étant éliminatoires.
Les compétences du B2i sont validées tout au long de l'année par les profs, et le niveau A2 était, cette année, évalué globalement par les profs concernés. On savait donc déjà pour certains 3e qu'ils n'auraient pas leur brevet, puisque ne maîtrisant pas le niveau A2.
Et ça a été effectivement le cas pour trois d'entre eux, qui ont une moyenne suffisante pour obtenir le brevet ('suffisante' = pas loin de 10, ce n'est pas non plus brillant niveau notes) mais ne sont pas admis pour cause de niveau A2 partiellement maîtrisé.
Là où cela énerve un peu, c'est lorsqu'on apprend que certains établissements se targuent d'avoir 70% de réussite, tout en se vantant d'avoir donné le B2i et le niveau A2 à tous les élèves (en faisant pareil, nous aurions eu 71% de réussite).
Pour cette fois, l'honnêteté n'aura donc pas payé, et ce sont les élèves qui en auront fait les frais ...
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jeudi 3 juillet 2008
Comme vous le savez, aujourd'hui se termine cette année scolaire qui nous l'espérons, aura été profitable et riche pour l'ensemble des élèves.
Mais si les meilleures choses ont une fin, elles ont aussi un commencement, et c'est ainsi avec une tristesse difficilement dissimulable que nous nous voyons au regret de vous rendre vos enfants, et que commence pour vous cette période bénie de l'année pendant laquelle vous retrouvez avec bonheur votre progéniture pour deux mois.
À vous maintenant de profiter de tous ces instants magiques, qui resteront à jamais gravés dans nos esprits et écrits dans nos rapports, dont ils nous ont gratifié toute l'année durant, de ces petits incidents qui font les heures de colle, à ces grandes insolences qui font les exclusions.
Soyez également assurés de notre plus profond regret à ne pas pouvoir être présent avec vous pour profiter de ces belles et grandes leçons de vie et d'éducation que vous ne manquerez pas de leur prodiguer, et qui nous font, vous le savez bien, tant défaut.
Permettez-nous donc de vous adresser nos meilleurs vœux de réussite pour ces vacances, et que nous puissions nous retrouver à la rentrée prochaine pour une nouvelle année qui sera assurément meilleure que celle-ci, mais moins bonne que la suivante.
Dans l'attente presque impatiente de vous revoir, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos considérations distinguées.
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