samedi 5 juillet 2008
Réussite de nos 3e au brevet cette année.
Certains diront peut-être que c'est peu, mais c'est toujours plus que ce que nous espérions.
Surtout que cette année, en plus des notes du contrôle continu (arrondies au demi-point supérieur tant qu'à faire), des notes de l'épreuve (qu'on nous a demandé d'arrondir au point - merci les 4 points de présentation qui permettent d'arranger ça), les élèves devaient maîtriser 80% des
compétences du B2i et maîtriser
le niveau A2 en langue vivante, ces deux dernières choses étant éliminatoires.
Les compétences du B2i sont validées tout au long de l'année par les profs, et le niveau A2 était, cette année, évalué globalement par les profs concernés. On savait donc déjà pour certains 3e qu'ils n'auraient pas leur brevet, puisque ne maîtrisant pas le niveau A2.
Et ça a été effectivement le cas pour trois d'entre eux, qui ont une moyenne suffisante pour obtenir le brevet ('suffisante' = pas loin de 10, ce n'est pas non plus brillant niveau notes) mais ne sont pas admis pour cause de niveau A2 partiellement maîtrisé.
Là où cela énerve un peu, c'est lorsqu'on apprend que certains établissements se targuent d'avoir 70% de réussite, tout en se vantant d'avoir donné le B2i et le niveau A2 à tous les élèves (en faisant pareil, nous aurions eu 71% de réussite).
Pour cette fois, l'honnêteté n'aura donc pas payé, et ce sont les élèves qui en auront fait les frais ...
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jeudi 3 juillet 2008
Comme vous le savez, aujourd'hui se termine cette année scolaire qui nous l'espérons, aura été profitable et riche pour l'ensemble des élèves.
Mais si les meilleures choses ont une fin, elles ont aussi un commencement, et c'est ainsi avec une tristesse difficilement dissimulable que nous nous voyons au regret de vous rendre vos enfants, et que commence pour vous cette période bénie de l'année pendant laquelle vous retrouvez avec bonheur votre progéniture pour deux mois.
À vous maintenant de profiter de tous ces instants magiques, qui resteront à jamais gravés dans nos esprits et écrits dans nos rapports, dont ils nous ont gratifié toute l'année durant, de ces petits incidents qui font les heures de colle, à ces grandes insolences qui font les exclusions.
Soyez également assurés de notre plus profond regret à ne pas pouvoir être présent avec vous pour profiter de ces belles et grandes leçons de vie et d'éducation que vous ne manquerez pas de leur prodiguer, et qui nous font, vous le savez bien, tant défaut.
Permettez-nous donc de vous adresser nos meilleurs vœux de réussite pour ces vacances, et que nous puissions nous retrouver à la rentrée prochaine pour une nouvelle année qui sera assurément meilleure que celle-ci, mais moins bonne que la suivante.
Dans l'attente presque impatiente de vous revoir, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos considérations distinguées.
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mercredi 2 juillet 2008
Cette dernière semaine a ainsi commencé lundi avec la correction de 41 copies de l'épreuve de mathématiques du brevet. Se retrouver à une dizaine de profs de maths dans une salle de classe à corriger chacun son tas de copie et faire partager les perles trouvées - les meilleures, si on devait toutes les donner, on serait toujours en train de parler. C'était la première fois pour moi que je corrigeais, et si jusque là j'avais entendu dire qu'on leur donnait les points, maintenant je peux le dire: oui, on leur donne les points.
Mais ce n'est pas pour autant qu'ils s'en sortent bien puisque la moyenne tournait, au fur et à mesure des corrections, à ~21/40. Et pourtant certaines questions étaient vraiment bien payées, et les plus difficiles ne rapportaient pas tant que ça.
Exemples:
Première partie, première exercice: un programme de calcul était donné:
"Choisir un nombre, multiplier par 3, ajouter le carré du nombre choisi, multiplier par 2.
Première question: "Vérifier qu'en partant de 10, on trouve 260."
1 point pour la question: 0,5 si l'élève avait compris le programme de calcul et 0,5 si ses calculs étaient justes. Et évidement, à plusieurs reprises, j'ai eu droit à
"Non, on ne trouve pas 260 mais 1800." (ou tout autre résultat faux).
Même avec la réponse dans l'énoncé, certains trouvent donc le moyen d'être à côté de la plaque. D'autres au moins, ont des calculs faux, mais ont quand même eu l'idée de mettre 260 au résultat : 10×3=30 ; 30+900 = 260, ni vu ni connu ...
Exercice suivant: 2 est-il solution de l'équation 2a²-3a-5 = 1 ?
Niveau 5e (je l'ai donné en exemple dans la leçon que je faisais le jour de l'épreuve sur les équations avec les 5e, ils n'en revenaient pas). Certains se sont lancés dans la résolution de l'équation alors qu'on ne leur demandait pas, et surtout qu'ils ne savent pas faire. Un, particulièrement, a écrit que 2 n'était pas une solution mais un "nombre de l'équation comme 3 ou 5". Quand je suis tombé sur cette copie, j'ai imaginé quelques secondes l'élève qui était derrière, et qui depuis la 5e, donc au moins 3 ans, entend parler d'équation, sans finalement savoir ni ce que c'est, ni ce qu'on peut en faire.
Le reste n'était pas extraordinaire. Fait intéressant toutefois, une collègue a eu dans une des copies:
"Cela fait 10 minutes que je refais le calcul, je n'arrive pas à trouver le bon résultat. Est-ce que le correcteur pourrait m'indiquer la formule à utiliser, merci."
La partie géométrie était classique, à base de QCM dans grande difficulté et pas très bien réussi et d'un exercice avec les grands classiques: Thalès et sa réciproque, Pythagore et sa réciproque ...
Le problème a heureusement sauvé beaucoup d'élèves: puisque s'il savaient lire des valeurs sur un graphique, ils avaient 4 points 'donnés', et s'ils savaient tracer une droite avec leur règle, ils avaient 1,5 pts. Quasiment la moitié des points du problème sur des compétences de niveau 6e attardé...
Bref, en 5h les 41 copies étaient corrigées, 7min20s par copie.
Le reste de la semaine - hier et aujourd'hui - fut constitué d'heures à haute teneur pédagogique, à base de Jungle Speed, Uno, Baccalauréat ou Belote. La première chose que les 3e m'ont dit hier était "Monsieur, faut qu'on vous teste au Jungle Speed !" et les 4A, particulièrement Nicolas, m'a pour sa part demandé:
"- Monsieur, vous savez jouer à la belote ?
- oui
- alors je me mets avec vous." et on a passé 2h à jouer à la belote, la belle ayant été interrompue par la sonnerie, on ne saura jamais si nous aurions gagné, mais tant pis.
Ce qui est gagné pour de bon, en tous cas, c'est les vacances !
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jeudi 26 juin 2008
Voilà la question sur toutes les lèvres (des élèves) en ce moment. Car si pour les 3e, l'heure du brevet a sonné ce matin, marquant pour eux la fin de l'année, les autres aussi se croient déjà en vacances - même si pour certains les vacances n'ont jamais vraiment cessé ...
Les 4e m'avaient déjà prévenu la semaine dernière:
"Bon, on veut bien travailler cette semaine, mais après c'est fini, on fait des jeux" sur le ton du "on est sympa, on vous fait une faveur, mais faut pas pousser non plus, non mais oh!".
Mais ce n'est pas ça le pire. Non, le pire, c'est qu'ils vont venir jusqu'au dernier jour, pour différentes raisons d'ailleurs:
- parce qu'ils sont avec les copains
- parce que les parents ne les veulent pas dans leurs pattes, et repoussent jusqu'à la dernière limite le moment où ils vont devoir les récupérer.
- d'autres encore font plus original: "pour se venger des profs".
Pour les 3e, j'ai encore officiellement 3h à faire avec eux. Je peux bien en 1h faire une correction rapide du brevet, mais il restera toujours 2h à combler. D'un autre côté, certains 3e m'ont déjà demandé si je connaissais le Jungle Speed. Il se pourrait en fin de compte que les deux dernières heures mercredi soient des heures Jungle Speed.
Pour les 4e, j'ai encore aussi 3h avec chaque classe, dont 2h mardi. Il faudra donc ruser pour les faire travailler sans qu'ils ne s'en aperçoivent, c'est pas gagné.
Le tableau est relativement le même avec les 5e, mais eux joueront certainement le jeu.
Bref, pour l'instant, le programme est fait pour demain, mais je vais faire quoi après ? ...
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lundi 23 juin 2008
En ce moment se termine le grand jeu que l'Éducation Nationale renouvelle chaque année. Son nom ?
Mouvement national à gestion déconcentrée des enseignants du second degré et des personnels d'éducation et d'orientation, plus connu également sous le nom de mutations. Et là où certains jeux annoncent "Une chance au tirage, une chance au grattage", ce serait plutôt, pour celui-ci, "une chance de se tirer, une chance de se gratter".
En effet, ce jeu se déroule en deux manches - et même pour les plus chanceux en trois.
Si vous pensiez qu'un prof, pour muter, n'avait qu'à demander l'établissement monbahut dans la ville de truc-les-bains, il faut oublier. C'est, éducation nationale oblige, bien plus tordu que ça, et bien plus aléatoire aussi, forcément.
Suivons donc ce prof tout au long de ce jeu.
La première manche - l'inter - a ainsi lieu en général en début d'année civile - je précise pour tout le monde, puisque pour un prof, "début d'année" est souvent synonyme de "septembre/octobre" (on a pas le même calendrier que les autres).
Et au cours de cette première manche, ce prof désirant muter à truc-les-bains doit demander tout d'abord à être muté dans l'académie à laquelle appartient truc-les-bains. Puis, il attend.
Quelques semaines plus tard tombe le résultat de la première manche, et notre prof sait alors s'il est accepté dans cette académie, et peut donc "se tirer". Si ce n'est pas le cas, le jeu s'arrête là pour lui.
Car vient ensuite la deuxième manche - l'intra - au cours de laquelle il peut demander directement l'établissement monbahut de la ville de truc-les-bains, ou bien un établissement de la ville truc-les-bains, ou bien n'importe quel établissement du département ... sachant que les voeux sont traités dans l'ordre où ils sont formulés.
Se présentent alors plusieurs cas:
- le prof obtient son poste à monbahut, il a gagné !
- le prof n'obtient pas son premier voeu, on regarde son deuxième, ...
- aucun des voeux formulés n'est accepté, il a perdu, il peut "se gratter" !
Mais au fait, sur quels critères est-il accepté ou non ? Facile, sur son nombre de points, acquis (à lui) grâce à son ancienneté, son échelon, sa situation personnelle, familiale ... (inutile de préciser qu'être marié avec 5 enfants dont 4 handicapés, ça aide, mais ce n'est peut-être pas une bonne stratégie)
Ainsi, sur un même voeu, formulés par plusieurs profs, celui qui a le plus de point passe le premier (le principe est d'ailleurs le même pour le choix de l'académie, dans la première manche).
Si donc notre prof n'a eu aucun de ces voeux, il sera affecté sur un établissement qui n'aura reçu personne car non demandé, ou pire, participera à la troisième manche. Les résultats de la deuxième manche sont en général donnés courant juin (en ce moment, donc), et la troisième se déroule début juillet.
Cette troisième est dernière manche concerne ainsi seulement ceux qui se retrouvent sans poste fixe, aussi appelés TZR. À tous ces perdants de la deuxième manche est donné un premier lot de consolation: un établissement de rattachement administratif; le deuxième lot venant fin août: l'établissement où le TZR devra effectuer son service.
En pratique, qu'est-ce que cela donne ?
Tout d'abord, cela explique que la plupart des profs débutants se retrouvent en banlieue parisienne. Les profs cherchant à en partir, il y a besoin d'en faire venir de nouveaux, et comme les profs plus 'anciens' ont plus de points, ils obtiennent plus facilement une mutation ailleurs. Les nouveaux, qui n'ont encore que le minimum de points, se retrouvent donc là où il n'y a pas besoin d'en avoir beaucoup.
Il peut aussi arriver qu'un prof, habitant dans un département mais aussi une académie limitrophe à celle où il enseigne, demande à muter pour se rapprocher de chez lui. Il peut alors obtenir l'académie demandée à l'inter, mais ne rien obtenir à l'intra, car tous les postes demandés dans ses voeux ont été supprimés pour cause de carte scolaire, et se retrouve donc TZR sur tout un département, à l'autre bout de l'académie (exemple totalement pris au hasard et qui n'est pas celui de ma collègue de SVT, du tout).
Enfin, il peut aussi arriver qu'une académie ait 'trop' de profs, et donc 'trop' de TZR, et qu'une autre n'en ait pas assez, et que des contractuels ou des vacataires soient engagés...
Pour ma part, je suis directement qualifié pour la troisième manche, avec toutes mes chances ... de perdre.
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vendredi 20 juin 2008
Trois semaines maintenant que je suis dans un autre collège, il est donc temps d'en tirer un bilan sur les élèves.
Premier constat: le niveau de 4e est définitivement pénible. Il doit se passer quelque chose pendant les vacances entre la 5e et la 4e, c'est pas possible autrement.
Ensuite, toujours pour achever les 4e, il semblerait qu'il y ait une malédiction sur la 4A en particulier. Car si j'ai laissé d'un côté une classe de 4A avec notamment un certain Nicolas particulièrement usant nerveusement, ça n'aura été que pour retrouver une classe de 4A avec notamment un certain autre Nicolas particulièrement usant nerveusement. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, il est en plus livré en pack avec trois autres qui n'ont quasiment rien à lui envier, j'ai nommé Yoann, Grégory et Bastien. Consolation malgré tout, Yoann est parti en stage, on ne le reverra pas d'ici la fin de l'année, et Grégory était absent hier, je n'avais donc que deux bourrins sur quatre - comme au PMU - à canaliser.
Et évidemment, niveau courage au travail, on est plus proche du zéro que du héros.
Les 5e quant à eux sont toujours sympas. J'en veux pour preuve un des derniers cours où, pour expliquer une notion, j'ai utilisé l'image de personnes qui descendent d'un bus. Ainsi, pour illustrer mes propos, j'exécute au tableau de magnifiques dessins au moins aussi bien que ceux qu'ils pourraient faire, sinon pire. Et j'avais en plus rajouté un handicap supplémentaire: une allusion au foot.
En même temps ça tombait bien, la première partie de mon explication, où je fais descendre les personnes du bus, tombait le jour du match France-Italie et la deuxième partie, où ils remontent, le lendemain. Mardi, mes petits gugusses, aussi bien dessinés qu'en maternelle, sortaient du bus pour aller voir le match, le lendemain, ils remontaient pour rentrer chez eux. J'ai alors pensé à ce que cela aurait pu donner avec les 5e que j'ai eu cette année, ou même ceux de l'an dernier; car si cette année, les élèves ont joué le jeu, ont écouté - et apparemment compris ! - avec d'autres, ça n'aurait pas manqué de donner quelque chose comme ça:
(moi en train de dessiner le bus et les gens dedans)
- Monsieur il est bizarre votre bus !
- ouais, il lui manque des roues ! (variante: il a beaucoup de roues !)
(...)
- (moi) et donc ils vont voir le match, ils descendent du bus et vous voulez leur donner leurs places ...
- M'sieur, c'est quel match ?
- c'est le PSG les meilleurs de toute façon!
- n'importe quoi, c'est l'OM !
- Monsieur, vous êtes pour quelle équipe ? ...
Bref, pour l'instant tout se passe bien, un des seuls incidents que j'ai eu à déplorer venant de Romain, qui s'est mis subitement en cours à saigner du nez (plus précisément de la narine droite, c'est important pour la suite), et est donc parti se faire soigner. 5 minutes plus tard, il revient, avec un gros morceau de coton dans la narine - ce qui n'a pas manqué de faire rire les autres - et a finalement à peine le temps de faire 5m dans la salle qu'il se remettait à saigner, mais de la narine gauche cette fois. Retour à l'envoyeur, sous les rires de toutes la classe...
Finissons-en avec les 3e - dans tous les sens du terme d'ailleurs - qui sont dans l'ensemble malgré tout volontaires, et se mettent au travail relativement facilement. "Dans l'ensemble", puisqu'évidemment ce n'est pas le cas de tous dans la classe, et notamment de deux garçons, Sébastien et Cédric, qui passent leur temps à ne rien faire. Après leur avoir demandé d'avoir un cahier ouvert et un stylo à la main, pour au moins faire semblant de travailler, j'ai tenté le quitte ou double et ait envoyé Cédric au tableau écrire la correction que lui dictait un autre élève. Ce champion a donc commencé par casser en trois morceaux une craie en appuyant dessus comme un âne, et a ensuite écrit en majuscules, en très gros, en très petit, ... bref, n'importe comment, histoire d'amuser la galerie. Et ça, faut pas (et faux pas) ! Parce que je ne peux pas m'empêcher par la suite de rentrer dans le jeu, et d'amuser la galerie moi aussi, mais avec, et surtout aux dépends de celui qui est au tableau. Et ça, l'ami Cédric n'a pas beaucoup apprécié, car de rigolard qu'il était au moment de venir au tableau, à faire le mariole, il en est parti moins joyeux et le sourire en moins.
Allez, plus que deux semaines ...
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lundi 16 juin 2008
Voilà donc deux semaines maintenant, et pour encore deux semaines et demi, que je suis en remplacement dans un autre collège.
Pour la petite histoire, le rectorat m'a depuis deux mois amputé mon salaire de plus de 1000€, et me 'demande' d'aller faire un remplacement à 200km aller-retour de mon établissement de rattachement, hors de ma zone de remplacement, comme si l'essence coulait à flot... Et oui, car je ne suis que TZR, un remplaçant, que l'on pourrait aussi appeler 'pion' dans le fabuleux langage du monde de l'Éducation Nationale.
J'ai donc une zone attribuée dans laquelle je peux être amené à remplacer des collègues qui seront absents plus de 15 jours (maladie longue durée, congé maternité ...). Et il y a deux semaines, on m'a donc demandé d'effectuer un remplacement hors de ma zone.
Bien sûr, je pouvais refuser, mais on m'a à demi-mot gentiment laissé entendre que c'était finalement plutôt déconseillé - à plus forte raison quand on est en début de carrière ...
Il ne reste plus qu'à appeler l'établissement pour prendre connaissance des classes, de l'emploi du temps, et récupérer le numéro de la collègue que je remplace, pour savoir où elle en est et ce qu'il reste à faire dans les programmes.
Me voilà donc en poste, et chargé de cinq classes: deux cinquièmes, deux quatrièmes, et une troisième. Et là, je dois bien avouer que si je n'ai pas toujours fini complétement les programmes les années passés, j'ai trouvé bien meilleur que moi: encore environ cinq chapitres à faire dans chaque niveau.
Et pour tout ça, je n'ai, non pas cinq semaines comme le laisse à penser le calendrier, mais grosso modo trois semaines et demi. En effet, cette semaine est une semaine de révision pour les troisième, ils n'ont donc que des cours de français, histoire-géo et maths. Les emplois du temps sont donc modifiés et je perds ainsi toute mes heures cette semaine avec une des classes de cinquième. Pour les troisième, inutile de dire qu'à partir de cette semaine, ils seront en révision, jusqu'au brevet, et qu'après on les reverra ... ou pas. Dans tous les cas, inutile de compter sur la dernière semaine, du 30 juin au 3 juillet, le brevet étant passé, les conseils de classe aussi, il ne faut pas espérer avoir des classes complètes.
Bref, niveau travail, ces semaines sont chargées.
Heureusement, j'ai aussi retrouvé un peu de normalité avec ces classes: ils lèvent la main pour demander s'il peuvent emprunter du blanc ou un stylo à leur voisin, et sont dans l'ensemble travailleurs: les cinquièmes sont gentils et dynamiques, les troisièmes endormis mais pour la plupart travailleurs, et ceux qui ne veulent pas travailler ne m'embêtent pas (mention spéciale à Sébastien, qui a passé une bonne partie de l'heure vendredi à rouler son pull en forme de fusil et tirer dans le mur ou dans la fenêtre avec).
Mais alors tout va bien ?
Non bien sûr, car si les 5e et les 3e sont des classes finalement agréables, les classes de 4e résistent encore et toujours au travail, avec quelques beaux spécimens pour qui le mot neurone ne sera jamais au pluriel. Étrangement, après 4h d'affilé de 4e le mardi après-midi, je dors plutôt bien ...
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lundi 9 juin 2008
Me voilà donc de nouveau 'en poste', ou du moins en remplacement, et ce jusqu'à la fin de l'année. Je ne hante donc plus les couloirs de mon établissement de rattachement, et c'est maintenant que je suis parti, où alors que j'étais sur le point de le faire, que j'hérite de qualités insoupçonnées.
C'est en effet une fois que j'ai eu fini mes remplacements, que je suis devenu le meilleur prof de maths pour les élèves: "Monsieur, il faut revenir!", "Monsieur, quand est-ce que vous revenez, c'est moins bien maintenant...", et même jusqu'à "Mais qu'est-ce que je vais faire sans vous !" (évidemment sur le ton de la blague) - m'a dit Manon (3A) lorsqu'elle a appris que je m'en allais et que je n'allais donc plus les prendre 2h le mardi après-midi pour les faire réviser leur brevet - ou au moins essayer de leur faire réviser.
Mais ce n'est pas tout, puisqu'après avoir joué plusieurs fois contre les élèves au handball (entrainement profs/élèves en vue de la rencontre proprement dite le 1er juillet, à laquelle je ne pourrai pas participer), le verdict est tombé: "Monsieur, vous avez pas de technique, mais vous êtes endurant!". D'un autre côté je ne sais pas si je dois le prendre pour un compliment finalement ...
Et enfin est venu la sortie Karting avec les élèves de l'Association Sportive du collège, depuis laquelle j'ai gagné le titre de "Fou au Kart".
Rendons ainsi hommage à Geoffrey (4B), qui passa plus de temps, lors de la première session, à labourer les abords de la piste, qu'à rouler dessus. Il n'a pas dû faire un tour sans aller tâter du pneu ou du gravier. Pour la deuxième session, après lui avoir expliqué à quoi servait la pédale sur la gauche du kart - le frein, pour ceux qui ne suivent pas - il a finalement réussi à faire des temps corrects. Pour l'explication, profs compris, nous étions une trentaine à faire du kart, répartis en 3 groupes. La première session de chaque groupe a permis ensuite de classer tout ce beau monde en 3 groupes de niveau, les derniers à passer étant les meilleurs pilotes de tous, le 'groupe des fous' comme dirent certaines mauvaises langues. Et en effet l'enjeu était de taille: faisant parti de ce groupe, j'étais le prof à battre. Espoir malheureusement déçu pour huit d'entre eux, ayant fini deuxième, à 0,4s du premier. Même Geoffrey a pour le coup fait des tours corrects, mettant en pratique l'explication reçue sur la pédale de gauche du kart et l'utilité qu'elle peut avoir dans certaines situations (je parle du frein, pour ceux qui ne suivent pas).
Et demain, je retourne voir mes 'nouveaux' élèves, à 100km d'ici ...
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mardi 27 mai 2008
Souvenez-vous du grand immeuble qui avait pris sans raison de l'argent à Mr LeProf (
ici)... Et bien il a remis ça ce mois-ci aussi. Ils n'ont pas l'air de comprendre grand chose ni d'être capable de grand chose dans ce grand immeuble décidemment...
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jeudi 22 mai 2008
L'un de ces innombrables plaisirs, lorsqu'on est prof principal d'une classe - à part de toucher quelques dizaines d'euros en plus - et particulièrement PP d'une classe de 3e, c'est l'orientation.
Et en ce moment, les collègues PP des classes de 3e nagent en plein bonheur, n'hésitons d'ailleurs même pas à dire qu'ils sont submergés par toute la joie que cela leur procure.
Cela grâce aux fiches d'orientation que chaque élève a rempli chez lui et doit retourner avant les conseils de classe, indiquant sur celle-ci ses vœux pour l'an prochain.
Soyons précis: par 'vœu', s'entend le choix d'une section: BEP machin, 2nde GT (Générale et Technologique) truc ...
Ça, c'est dans l'idéal, puisque dans la pratique, certains ont pour seul vœu 'Lycée truc-bidule'. Et après ? On choisit pour eux ? on tire à la courte paille la section ? Ils veulent cet établissement parce que leurs copin(e)s y vont ? À moins que leur seul but soit de faire de la présence au lycée, faute de pouvoir faire autre chose vu leur niveau ?
D'autres encore demandent des orientations pour lesquelles ils ne seront pas pris, et n'ont surtout pas l'idée ni l'envie de mettre d'autres vœux ensuite.
Ceux qui demandent une 2nde GT doivent également choisir 2 EDD (Enseignements De Détermination) parmi ceux proposés par l'établissement (LV2/LV3, Initiation aux Sciences de l'Ingénieur ISI/Mesures Physiques et Informatique MPI ...)
Sur la fiche, cela devient EDD1: L, EDD2: ES. Tout compris (quand ils n'en mettent pas 3 là où il en faut 2)...
On trouve également ceux qui sont tellement sûrs d'eux qu'ils remplissent toute la fiche, du début à la fin, incluant la 'partie réservée à l'administration (ne rien écrire)' et même la 'décision du conseil de classe', qui n'a pas encore eu lieu, mais qu'ils savent déjà - forcément - favorable.
Évidemment, devant un tel massacre, il faut reprendre les fiches des élèves une par une, et avec eux, les modifier pour que cela puisse vouloir dire quelque chose: choisir des options qui existent, des orientations réalistes ou à défaut inscrire des voeux secondaires...
Ce que fit le PP des 3A - également collègue de techno. Après avoir vu chaque apprenant individuellement, il leur a fait modifier leur fiche pour qu'elle soit correcte. Et quelle a été la conséquence ?
Les parents ont appelé la chef ou sont venu la voir pour protester parce qu'on avait fait changer la fiche d'orientation de leur progéniture, qu'on leur avait fait choisir des orientations qu'ils ne veulent pas, et même qu'on leur avait imposé des orientations.
Donc, si on récapitule: les parents ne viennent pas aux réunions d'information sur l'orientation, remplissent n'importe comment - et surtout de travers - la fiche de leurs gosses, et viennent ensuite hurler au scandale lorsque le PP prend la peine de revoir chaque élève et de modifier la fiche correctement avec lui.
Et je ne parle même pas - trop tard, c'est fait - de ceux qui croient menacer en promettant qu'ils vont mettre leur enfant dans le privé lorsqu'on leur dit qu'il n'a pas le niveau par rapport à ses vœux. Oui, cela s'appelle de la consommation - et souvent d'ailleurs une sommation de ... - comme si le fait de payer allait rendre leur gamin intelligent tout d'un coup, ou augmenter le nombre de places disponibles dans certaines filières demandées.
Enfin, malgré tout ça, il va tout de même falloir leur trouver une orientation après la 3e à tous ces élèves, et ça va être une autre paire de manche, bon courage !
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