Avant de développer un peu plus en détails ce théorème que nous ne démontrerons pas - qui a dit que ce n'était pas la peine tellement c'est évident ? - répondons d'abord à la question qui nous intéresse tous (mais si, voyons) : pourquoi ce blog ?

Entamant ma troisième rentrée de prof - la matière n'est pas importante - et plus particulièrement la première en tant que TZR (un remplaçant pour faire rapide, mais on aura surement l'occasion de revenir là-dessus plus tard...) j'ai déjà, au bout de seulement un mois, vu et vécu des choses auxquelles je n'aurai pas cru si je ne les avait pas vu de mes yeux...

L'idée d'en faire un blog qui me turlupinait jusque là gentiment s'est alors mise à germer pour donner finalement, en ce magnifique jour de début octobre ce non moins magnifique blog entièrement dédié à ce métier merveilleux dont on a coutume de dire qu'il est le plus beau du monde (il faut que je me calme, je m'emballe) et que l'on résume briévement et sauvagement par "prof" (à prononcer tel un raclement de gorge libérateur tout en prenant un air blasé, voir dédaigneux, et n'insistez pas pour savoir, la matière n'est pas importante, je vous l'ai déjà dis).

On verra bien à la longue ce que donnera ce blog, si je trouve du contenu relativement intéressant pour l'alimenter et surtout le courage de le faire. Il restera (ou pas) comme la mémoire de cette année que j'aurai passé dans un petit collège qu'on pourrait qualifier "de campagne" de par sa localisation approximativement quelque part au bord de la Bourgogne, à l'Ouest, caractéristique qui se trouve être partagée par de nombreux apprenants - ou élèves en français courant - peuplant cet établissement, mais là encore on aura surement l'occasion d'y revenir plus tard.

Je me trouve donc être un des deux professeurs de mathématiques (voilà je l'ai dit, vous pouvez y aller avec les bwerk, les maths j'aimais pas, j'ai jamais rien compris ...etc ) et en cette qualité - si, si, c'est une qualité - je me retrouve catapulté prof de cinq des neuf classes que compte le collège: les deux cinquièmes, deux quatrièmes sur trois et une des deux troisièmes, pour un total de 120 élèves tout rond - pas les élèves, le total.

Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses: l'explicitation du théorème que nous avons énoncé plus haut.
Ce théorème, que beaucoup considèrent comme une évidence, s'est révélé à moi aujourd'hui plus vrai que jamais après avoir entendu une lettre écrite par une génitrice d'apprenant - que l'on appelle aussi mère d'élève - à une collègue stagiaire en français (tiens, là, personne n'a fait de remarques désobligeantes sur la matière...).

La collègue avait en effet eu le malheur de punir sa collégienne de fille - à n'en pas douter sans raison, un prof ça punit toujours un élève innocent - en lui demandant d'écrire à plusieurs temps et à toutes les personnes une simple phrase. Devant cet affront sans nom fait à sa fille, la mère se devait de réagir et s'est donc fendue d'une lettre du plus bel effet, fautes d'ortograf comprises, expliquant qu'il était hors de question que sa fille fasse sa punition, et qu'elle voudrait bien voir les profs s'"amuser" à faire les devoirs qu'ils donnent aux élèves chaque soir.

La "vérité" est alors apparue à tous ceux qui étaient présent en salle des profs à ce moment: les élèves travaillent beaucoup trop puisque les profs eux-mêmes ne s'en sortiraient pas s'ils devaient en faire autant, et donc, conclusion logique et imparable, les profs ne sont finalement que des fainéants. Et donc les préparations de cours, les préparations de devoirs, les corrections de contrôles, faire le Gentil Animateur de classe pendant la journée ne sont que de puérils amusements auxquels se livrent ces tortionnaires d'apprenants.

Restons sérieux - on l'a toujours été jusque là, il n'y a pas de raison de ne pas continuer - il est évidemment hors de question que l'élève en question échappe à sa punition et cela promet donc de nouveaux rebondissements (d'autant plus lorsque l'on sait que cette mère siégera au conseil d'administration - mais là encore c'est une autre histoire).

Pour terminer, je citerai simplement le bref dialogue entretenu il y a quelques temps entre le collègue de Sciences Physiques (là non plus pas de réactions de dégoût, c'est vêxant...) et une personne l'accostant, reconnaissant en lui un prof:

"- vous êtes un c** !
- mais monsieur, c'est mon métier"