Il y a une semaine jour pour jour, j'étais dans un bus en train d'accompagner 49 élèves en voyage scolaire en Italie. C'était mon premier voyage en tant qu'accompagnateur, et je suis pas prêt de l'oublier. Juste pour mettre les choses au clair dès maintenant, nous n'avons perdu personne - mais si pour certains cela ne nous aurait pas dérangé - aucun blessé, juste une égratignure au coude. Même les élèves se sont plutôt bien comportés.
Si je ne suis pas prêt de l'oublier c'est que j'aurai au moins retenu une leçon: ne plus partir avec des accompagnateurs que l'on ne connait pas très bien.

Et pourtant je savais plus ou moins dans quoi je mettais les pieds, les collègues m'avaient prévenus que ça risquait d'être mémorable, le "tu nous raconteras" avec un demi-sourire au coin des lèvres ne mentait pas...
Bref, pour, et avec les élèves, tout s'est globalement bien passé, mais par contre entre accompagnateurs, on a frôlé la crise plusieurs fois - mais j'aurai l'occasion d'y revenir.

Pour ne rien oublier de ce voyage, je vais donc en faire un 'compte-rendu' jour après jour.

Remontons donc une semaine en arrière, mardi dernier, pour le jour du départ.

Celui-ci était prévu à 12h30, et effectivement à 12h30, le bus était là, les élèves aussi, les bagages en train d'être chargé, les parents d'élèves prêts à regarder partir leur progéniture, tout allait apparemment bien, on serait même quasiment à l'heure.

Evidemment cela n'allait pas durer - sinon ce ne serait pas drôle - et le coup d'envoi des ennuis a été donné par une mère d'élève qui a remarqué ce qui semblait être un défaut du pneu avant gauche du bus. Vérification faite avec le chauffeur et la chef, il s'avèrait effectivement que le pneu présentait un défaut, un espèce de plat avec une bosse au milieu.
Pour le chauffeur, comme pour son patron qu'il venait d'appeller, cela n'était pas grave et n'empechait pas de faire les 1300km de route. Par prudence, la chef a tout de même appelé la gendarmerie pour qu'elle vienne constater la chose.

Celle-ci arrive donc 10 minutes plus tard, les deux gendarmes sortent de leur véhicule, regardent le pneu, le touchent... et ordonnent l'immobilisation du bus.

Les élèves sont donc ramenés dans la cour du collège, les parents s'en vont, et les gendarmes passent le bus en revue complétement pendant que la chef contacte la compagnie de transport et l'organisme de voyage.
On apprendra ainsi par la suite que le contrôle technique du bus serait périmé le lendemain du départ - mais qu'ils avaient 30 jours à partir de cette date pour le faire passer au contrôle technique. L'après-midi se passe, les heures avancent mais l'heure du départ recule...
On passe alors de "on va changer les deux roues avant du bus et vous pourrez partir" à "on vous envoie un autre bus, plus récent". Seul petit 'problème', le-dit bus avait encore 3h de route avant d'arriver.

Il finit par arriver aux alentours de 18h mais il est hors de question de partir tant que la gendarmerie n'aurait pas inspecté le nouveau bus, inspection à la suite de laquelle nous ne pouvons toujours pas partir puisque cette fois le bus est bien, mais il manque les papiers.
On a eu beau cherché partout, on n'a pas trouvé de caméra cachée.

Finalement, les papiers ont pu être faxés et nous avons pu partir, à 18h45, soit plus de 6h en retard par rapport à l'horaire prévu. Heureusement le mercredi, aucune visite guidée ni à heure fixe n'était prévue, le seul problème à régler - et qui a été réglé - étant celui du petit déjeuner qui ne pouvait plus être pris à l'endroit prévu.

Le reste de la journée du mardi - dans le bus - s'est plutôt bien passée, ponctuée de (trop) nombreux "VOUS FAITES TROP DE BRUIT" hurlés par les accompagnatrices - nous étions deux accompagnateurs et deux accompagnatrices, dont l'une des deux était à l'origine du voyage, cela aura son importance par la suite.

La pause casse-croûte du soir nous a donné le ton de la suite des évenements lorsqu'en discutant entre accompagnateurs de la nuit qui arrivait et de certains élèves qui ne dormiraient pas, mon collègue a lancé une phrase du type "chez moi, on dit qu'on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif" - parlant de ceux qui ne voudraient pas dormir - ce à quoi il s'est vu répondre par l'accompagnatrice: "chez moi, on m'a dit qu'on devait surveiller les élèves".

Ca promettais... et effectivement, ça n'a pas déçu ...