vendredi 14 septembre 2007
Jour de deuil
Aujourd'hui était un jour de deuil au collège.
Elle qui était toujours là pour nous tenir compagnie pendant les récréations ou les heures de libres dans l'emploi du temps,
elle sur qui on pouvait toujours compter à n'importe quelle heure de la journée,
elle qui était toujours prête à nous préparer un bon petit café chaud,
elle que nous avions retrouvé malheureusement bien plus lente et fatiguée à la rentrée,
elle qui avait malgré tout su se rendre de nouveau indispensable,
elle n'est maintenant plus.
Oui, notre cafetière nous a laché.
Happy end: la chef nous a fait don de la cafetière inutilisée dans son bureau. Elle a eu pitié en nous voyant agenouillés à côté du cadavre de la cafetière à faire le café en utilisant l'eau de la bouilloire pour le thé que l'on versait dans le réceptacle démonté de la cafetière.
Bon, on avait pas du très bien nettoyé parce que le café avait un léger arrière-goût de détartrant mais on a pu boire notre premier café depuis quelques jours.
A part ça, D. n'a toujours pas sorti son couteau, mais il n'a toujours pas sorti non plus ses affaires - qu'il n'avait de toute façon pas - et a passé l'heure à se balancer sur sa chaise dans son coin.
Les 4e sont définitivement pénibles, et à vouloir jouer au plus pénible, ils ne vont pas forcément gagner: après que tout le monde se soit empressé à ne pas vouloir aller corriger un exercice, je suis passé au suivant en les prévenant que l'autre serait dans le prochain contrôle - bizarrement j'avais soudain plein de volontaires - trop tard evidemment.
Dans la même classe, et pendant la même heure, j'ai aussi eu N. (redoublant de la 4A de l'an dernier) qui, après que je l'ai vivement encouragé à le faire au lieu d'écouter les corrections ou ce que je disais, a démonté son classeur ("oh ben il est cassé!" quand je lui demandais de me montrer ses exercices) et a finalement réussi à se couper le doigt.
"Vite, faut que j'aille aux toilettes!" accompagné d'une fuite vers la porte; il a ensuite confondu "non, tu ne sors pas de la salle! tu vas te rasseoir et tu te mets un mouchoir dessus" et "oui vas-y vite pendant que je tourne le dos! et surtout claque la porte contre le mur en partant pour montrer que tu te fous de ce que je dis..."
Peu de temps après c'est B., qui sous prétexte qu'il avait l'impression de ne s'adresser à personne en particulier, trouve normal de dire "p*t*in, fais ch**r!" quand je lui demande d'arrêter de se retourner et de se mettre à travailler.
Aujourd'hui était donc aussi jour de deuil pour l'intelligence. Elle avait déjà pris un sacré coup dans l'aile l'an dernier, je crois que cette année elle est achevée.





