À qui le tour ?
Voilà ce qui arrive quand on répond aux questions posées au prof à la place du prof, où qu'on veut finir les phrases du prof à sa place: on se retrouve à jouer le prof pendant une heure devant sa classe.
Retour en arrière: mardi dernier. G., élève de 4B de son état, se retrouve exactement dans cette situation. Qu'à cela ne tienne.
Jeudi dernier: "G; tu viendras me voir à la fin de l'heure..." - panique dans ses yeux, c'était le début de l'heure, il n'avait (encore) rien fait - "non, rien de grave, mais tu viendras me voir quand même."
"Bon, tu veux toujours faire le prof ? Alors demain je t'amène tout ce qu'il te faut pour mardi: la correction des exercices, la leçon, la suite... et mardi c'est à toi de jouer." "D'accord!'
Et nous voilà donc aujourd'hui, les élèves rentrent en classe, je vérifie que tout le monde est là et je laisse la place à G. pour la séance: vérification des exercices, corrections, ... je reste juste dans le fond de la classe pour observer ce qu'il se passe. Et là c'est 55 minutes de bonheur. Non pas qu'il ne s'en soit pas sorti, mais ses camarades - qui ont en fin de compte bien joué le jeu aussi - ne lui ont pas épargné grand chose:
des "- J'ai pas compris - quoi ? - tout!" au "- je peux effacer ? - non (en choeur) !" en passant par les "j'arrive pas à lire" et autres "- bon je dicte. - non, attendez, je suis pas prêt(e)!"
Évidemment, ces vils apprenants avaient ourdi indirectement à mon encontre un fumeux complot: "Si c'est G. qui fait le cours, on va être sage, on va se tenir tranquille!". Si effectivement le début de l'heure était un peu plus calme qu'à l'accoutumée, il n'aura pas fallu longtemps pour que le naturel revienne, et avec lui les discussions et autres chamailleries qui font parfois penser que l'on a plus affaire à des maternelles grande section qu'à des 4e.
En revanche, il y avait bien eu quelques arrangements entre eux: 'tiens, c'est L. qui va corriger les exercices au tableau alors que d'habitude elle n'y va pas', 'tiens, elle écrit exactement les phrases que j'avais noté sur la feuille que j'ai donné à G.' ...
Bilan de l'heure: il n'a pas eu le temps d'aller jusqu'au bout de ce qu'il fallait faire: juste la correction des exercices et la leçon; pour ce qui est de la gestion du tableau, ca va, mais la gestion des stylos laissait à désirer; très peu d'explications sur les corrections, mais bon globalement il est quand même allé jusqu'au bout de l'heure, a visiblement quand même essayé de faire bien, et de toute façon ça reste un élève de 13 ans.
Il a même reconnu qu'"il faut être patient quand il notent les corrections ou la leçon" et un autre élève m'a avoué "finalement c'est pas si facile que ça d'être prof!".
malgré tout, à la fin de l'heure, d'aurtes élèves voulaient eux aussi pouvoir faire le prof, et même dans l'autre classe de 4e - que j'avais juste derrière - des élèves m'en ont parlé et m'ont demandé s'ils pouvaient le faire aussi.
Il faut encore que je réfléchisse à tout ça, que j'ai les retours des élèves, mais je pense retenter l'expérience, mais pas sur une séance complète. D'abord parce que pour cette fois là, je savais que G. serait capable de le faire, ce qui est loin d'être le cas de tous les élèves de la classe. Ensuite, parce que malgré tout on avance moins vite. Si je refais ce genre d'expérience, ce sera plus probablement sur une correction d'exercices plus 'poussée' où l'élève cherche seul, et présente ensuite la correction aux autres, et répond à leurs éventuelles questions.
Globalement, j'en retire malgré tout une plutôt bonne impression, je pense qu'il y a quelque chose à gratter là-dessous.
À suivre...






Commentaires
1. Le mardi 23 octobre 2007 à 23:43, par krysalia
2. Le mercredi 24 octobre 2007 à 04:27, par Bob
3. Le mercredi 24 octobre 2007 à 10:02, par Anne
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