retour au blog

lundi 31 mars 2008

Conseils de classes


Comment se déroule un conseil de classe dans notre collège ?
Tout d'abord a lieu le préconseil, sans les délégués parents ou élèves. On y discute de ce qui ne pourra pas l'être en présence de ces derniers: situations paticulières de certains élèves, autres problèmes ...
C'est en général assez rapide et les délégués peuvent alors rejoindre la salle. Commence alors le conseil proprement dit, avec un premier bilan de la chef sur la classe: résultats, ambiance, ... d'après les bulletins et l'appréciation laissée par chaque prof sur une feuille prévue à cette effet en salle des profs. Le pp (prof principal) prend alors la parole et complète ce qui a été dit, avant de laisser la parole aux collègues qui voudraient aussi s'exprimer.
On passe ensuite au cas par cas: pour chaque élève, le pp donne une appréciation générale, un bilan du trimestre, complété ou discuté par les collègues. On peut décider alors suivant les cas de mettre des félicitations, des encouragements, des avertissements travail ou avertissements comportement. Rien de passionnant en soi, et c'est donc dans ces moments que l'on en profite pour essayer de caser des petites blagues entre collègues - faut bien qu'on s'occupe ...
(la chef) - Edouard fait toujours son blocage sur l'allemand ?
(collègue d'allemand) - Oh oui! il ne fait strictement rien!
(...)
(la chef) - et il a comme projet d'être cammionneur.
(collègue de physique) - Il n'ira pas dans les pays de l'est alors.

(la chef) - Donovan. Avertissement travail puisqu'il ne fait rien.
(collègue de physique) - Mais c'est exceptionnel ! C'est quand même le seul élève que j'ai vu qui ait mis réellement une heure pour copier une phrase.
(moi) - Et bien c'est pas mal! Il t'a fait en une heure ce qu'il n'avait pas encore fait en un trimestre ...

Il arrive également que ce soit les élèves qui nous donnent matière à rire, comme par exemple cet élève de 5e, délégué de son état, qui arrive un peu en retard au conseil, frappe à la porte:
- Bonjour, excusez-moi d'être en retard, je viens pour le conseil, je suis le délégué.
- Oui, Jérémy, on sait qui tu es, entre.


Mais là où les élèves nous donnent le plus de matière, c'est dans la dernière partie du conseil, lorsque les délégués sont invités à prendre la parole pour faire remonter les remarques de leurs camarades. Ainsi, les délégués de 5e ont demandé si un club 'lutte' pouvait être créé (il existe déjà quelques clubs au collège: club journal, club hip-hop, club carnet de voyage, club théâtre - et si la demande n'a rien de drôle c'est plutôt d'imaginer les élèves dans un club lutte en train de se mettre dans tous leurs état. D'un autre côté, cela aurait sans aucun doute entraîné la création d'un club 'premier soin' qui aurait pû être utile - au premier trimestre, c'est un club 'tektonik' qui avait été proposé.
Ceux-ci ont également demandé pourquoi on leur interdisait les crêtes sur la tête.
Mais le plus beau avait été gardé pour la fin ce soir, dernier conseil - sur les trois qui étaient programmés - et le délégué de 3A qui nous dit, après le traditionnel "Mr Truc a puni Machin alors qu'il avait rien fait":
On voudrait savoir pourquoi ya une femme de ménage qui espionne la classe...

Ah les 3A, s'ils n'existaient pas, il faudrait (presque) les inventer ...

vendredi 28 mars 2008

Effet note2be ?


Effet note2be or not, toujours est-il qu'en ce moment, c'est souvent la même excuse qui revient dans la bouche des gamins: "on s'fait ch**r !".
Et bien évidemment, du haut de leur logique implacable, si on s'ennuie, la seule chose qu'on peut faire, c'est discuter ou faire n'importe quoi - ou les deux en même temps.

J'avais eu droit à cette 'excuse' de la part de Geoffrey en 4B avant les vacances, et mon collègue y a aussi eu droit après les vacances: "on n'avance pas, on fait toujours les mêmes choses, j'ai compris et donc je m'ennuie" ben tiens ...
Et puis ce matin ça a été au tour du collègue de techno, qui a eu droit à une mini-révolte dans son cours, menée par Baptiste, Nicolas et Baptiste (oui il y en a deux en 4A) qui ont affirmé s'ennuyer en cours, et que c'était l'avis de toute la classe mais qu'eux avaient le courage de le dire. (au passage, Nicolas s'est ainsi virer pour le reste de la journée).
Et toujours ce matin, le collègue de musique, à qui Tristan (3A) lui a aussi fait remarquer qu'ils s'ennuyaient et que ce qu'il leur faisait faire n'était pas intéressant.

Le plus beau étant toutefois lorsque les parents s'en mêlent, et par exemple la mère de deux élèves de 6e, pour qui la chef a fait des pieds et des mains l'an dernier pour que sa fille de 3e puisse être prise dans un lycée qui l'arrangeait; mère qui a décidé de ne pas mettre ses deux gamines dans notre collège parce qu'il n'était pas assez bien pour elles, qui finalement vient les remettre chez nous en cours d'année, et par dessus le marché en classe de bilangue (anglais et allemand) tout en n'ayant jamais fait d'allemand de leur vie.
Voilà maintenant que cette génitrice en veut au collègue de techno - c'est sa semaine - parce qu'il distribue des photocopies de livre aux élèves (difficile de faire autrement quand on n'a que 5 livres pour toute une classe) et que sa fille aurait ouvert un blog alors qu'elle était sur l'ordinateur en cours de techno. Évidemment, devant ces manquements totalement inadmissibles et d'une gravité sans précédent, celle-ci a décidé d'en référer directement à l'inspection académique, rien que ça.
Du délire ....

Pas vraiment étonnant que les gamins soient comme ça ensuite finalement ...

jeudi 27 mars 2008

En balade ...


Vous vous souvenez très certainement des maquettes de château-fort réalisées par les élèves de 5e; et bien aujourd'hui avait lieu la visite de deux châteaux en 'couronnement' du travail consenti en maths, mais surtout en histoire et en français. Nous voilà ainsi partis ce matin avec les 46 élèves de 5e du collège. Et lors d'un voyage scolaire, les élèves s'efforcent toujours de respecter certaines règles.
1er objectif à atteindre: les places arrières du bus. Objectif malheureusement très vite déçu par les profs qui se les réserve, faisant déménager quelques élèves au passage. Et si en plus les élèves se font séparer de leurs compères préférés, c'est incontestablement un voyage qui commence fort mal - et le grumeau contrarié se doit de le faire savoir à tout le monde, mais nous y reviendrons.
Une fois tout le monde installé dans le bus, il y a alors une probabilité d'environ 1 sur 1 qu'un élève assis au fond du bus ait le besoin de parler à un élève de l'avant, qui aura lui-même une probabilité de 1 sur 1 de ne pas l'entendre avant au moins le 3e ou 4e essai
"Eh, machin ! Machin ! Eh, Truc, tu peux appeler Machin ? Truc !? Eh !! Machin ? Truc ?". Bref...

Vient alors le premier arrêt, et la sortie du bus des élèves, qui correspond pour les filles à la sortie de la brosse à cheveux. Car c'est important de se recoiffer, et encore plus, de se recoiffer en plein vent: les cheveux dans tous les sens, ça vous casse quand même rapidement le charme discret d'un appareil dentaire et d'un maquillage approximatif à la truelle et pots de peintures.
Mais une sortie pédagogique c'est aussi des questions plus intéressantes les unes que les autres:
"Madame, c'est une église gothique ou catholique ?"
et une curiosité poussée à son paroxysme:
"- vous avez des questions ? - Non."
"- Vous savez qui était Pythagore, ce qu'il a fait ? - Non, et on veut pas le savoir !"

Mais le grumeau contestataire allie souvent le geste à la parole et parfois se contente simplement du geste. Ainsi, Jessy, visiblement enchanté d'être là, décida, en signe ferme de protestation, de regarder à l'opposé de ce qui était indiqué par la guide. Un vrai rebelle. Dommage pour lui, la guide demandait de regarder un mur et tout ce que ce pauvre Jessy avait derrière lui, c'était justement un mur.

Vint alors la pause déjeuner, et c'est à ce moment que se (re)forment les petits clans. Car bien évidemment, si lors des visites, l'un des buts des élèves est de se retrouver ensemble, l'autre but des profs et de les en empêcher.
On retrouve donc ici un groupe de garçons qui va passer le temps du repas à se battre, là, un groupe de filles, là encore un groupe de filles suivi de près par deux garçons. Bon, c'est clair, ces deux-là, ils draguent - ou du moins ils essayent. Alors que d'autres garçons s'en fichent éperdument et le font savoir à tous à grands renforts de rots bien sonores, aidés en cela par du coca en abondance. Profitons de ce moment pour saluer Samuel qui, au moment de récupérer une bouteille de coca à peine ouverte et déjà presque vide, ayant bien éclaboussé partout, s'est sans doute dit que le meilleur moyen de faire partir le coca restant sur le goulot et le bouchon était bien évidemment de secouer la-dite bouteille.
Ah tiens, non, mauvaise idée...

Vinrent ensuite les brefs exposés des élèves sur les métiers à l'époque des châteaux forts, et pour certains, 'bref' n'est qu'un doux euphémisme. 3 élèves, une phrase chacun, et puis voilà.
Il faut savoir en effet qu'une recherche pour les élèves se résume à aller sur Internet, chercher sur wikipedia, et imprimer la page correspondante. Certains pousseront jusqu'à chercher sur google puis prendre le lien pointant vers wikipedia.

Le reste de la visite se déroula plutôt bien, certaines filles confondant cependant 'bain de boue' et 'plein de boue'.

Ah, les joies du voyage scolaire ...

vendredi 21 mars 2008

R.I.P.

Mauvaise année pour les cafetières; c'est déjà la deuxième cette année qui nous lache ...

lundi 17 mars 2008

Still alive !


Que fait un TZR lorsqu'il a fini son remplacement et qu'il n'en a pas d'autre ? Et bien il attend. Et quitte à attendre, autant attendre en s'occupant.
Depuis maintenant une semaine, je fais donc un peu de maths avec quelques 5e à gauche, du soutien avec des 6e qui ont du mal à droite, ... bref je m'occupe et j'occupe les élèves en essayant de leur faire faire des maths qui sortent un peu du cadre classique du cours. Le plus dur étant de trouver quelque chose qui puisse intéresser les élèves, et qui se fasse en 1h. Impossible en effet de monter quoi que ce soit d'un peu régulier puisque je suis susceptible d'être appelé à un remplacement à n'importe quel moment.

Mais tout cela reste une source d'incompréhension et d'enquêtes pour les élèves qui n'ont pas encore bien compris pourquoi je n'étais plus leur prof et pourtant encore au collège. J'ai donc droit à toutes sortes de questions:
- Monsieur, vous faites quoi au collège ?
- Quand est-ce que vous revenez (nous faire cours) ?
et aujourd'hui, Glenn avait poussé l'enquête en digne successeur de Sherlock Holmes: - vous sortez de la salle 3, avec des élèves ! et avec votre sac ! (argh, démasqué!)

À côté de ça, j'aide également des collègues, s'ils ont besoin de faire des travaux en groupes, des recherches en salle info, les entraîner à l'ASSR, ... et j'aurai d'ailleurs l'immense plaisir d'accompagner les pruneaux - les 6e: ils sont petits et ils facilitent grandement le transit intestinal - au cinéma vendredi après-midi. En effet, depuis que j'ai eu une quinzaine de 6e ensemble la semaine dernière, je ne peux que tirer mon chapeau aux collègues qui se les tartinent plusieurs fois par semaine depuis le début de l'année.

Bref, j'ai maintenant - et pour l'instant - des semaines plus tranquilles, mais c'est quand même bien moins intéressant malgré tout que d'avoir ses élèves et faire son cours. J'ai aussi maintenant un groupe de fans qui hurlent mon nom - littéralement - dès qu'ils me voient dans les couloirs, et d'autres qui me sautent dessus - figurément - pour me demander de revenir. Ils sont attachants, et attachés, ces grumeaux, malgré tout ...

mercredi 12 mars 2008

Ce n'est qu'un au revoir ...



Voilà le texte (fautes incluses) que j'ai eu à lire devant la classe en début de séance vendredi matin, pour la dernière heure avec les 3C. En effet, le collègue que je remplaçais ayant pris son poste lundi, vendredi était le dernier jour où j'avais les classes. Et la journée commençait donc avec les 3C qui, la veille, m'avaient promis que j'allai pleurer. Ils sont donc entrés en classe, tous sauf Gaelle et Geoffrey. Evidemment, lorsque j'ai demandé aux autres où ils étaient - j'avais croisé Gaelle 1 min plus tôt dans les couloirs - personne ne savait "Ah bah on sait pas..." "Gaelle est à l'infirmerie ...".
Ils sont finalement arrivés avec dans les mains ceci:


(ce sont des feuilles A4 collées au dos)
Ils m'ont ensuite donné la feuille avec le texte cité plus haut.
Explications:
¹ Flipper est le nom du porte clé en forme de dauphin qui, voulant rejoindre l'océan, a fait un vol plané par la fenêtre pour aterrir dans l'herbe dehors. Ne les ayant pas laissé partir dehors chercher le porte-clé, je fus donc ce jour-là (l'an dernier) accusé de la 'mort de Flipper'.
² Un des élève me ressemble, à ce qu'il parait ...


Bref, en vrac, quelques mots écrits sur les feuilles:
"Les maths sans vous ce ne sera pas des Maths !!!! Avec ce qu'on vous a fait subir vous avez été patient !!!!! Vous allez me manké. Je kiff tro quand vous vous énervé ! Vous avez été un prof excellent mais vs êtes tjs excellent et ceux qui vont vous avoir il auront de la chance!!! Resté comme vs ête, bonne continuation, Jkiff trop les maths"

"a+, les maths c'est trop null !"

"Je suis désolé de ne pas avoir été une élève modèle mais sinon vous ne vous souviendrais pas de moi. Merci pour être quelqu'un de cool. Je ne vous fait pas de bisous mais a+"

L'un d'eux a même écrit pour l'occasion un texte en rime.

Et puisqu'on est dans les textes en rime, 10 minutes avant la fin de l'heure, Gaelle - encore - m'a annoncé qu'elle était désolée mais que j'allais devoir interrompre le cours 5 minutes. Elle, Geoffrey et Alexis se sont alors levés, et pendant que quelques élèves battaient un rythme en tapant des mains sur les tables, ils m'ont chanté une chanson - texte modifié - sur l'air d'une musique apprise en cours de musique.


Puis ce fut au tour des 3A, qui me donnèrent une feuille avec des mots des élèves de la classe.

et une feuille écrite uniquement par Marie et Manon:

(le lecteur attentif aura noté la première phrase cryptée, preuve qu'elles ont compris le principe). Là encore, en vrac:
"Super année avec vous, bon départ. Dsl pour les mauvaises notes! Dommage !"

"Bon départ et merci de nous avoir supportés."

"Bon dépard et bonne continuation. J'espère que vous ne nous oublierez pas (difficile!)"

"Adieu Mr et merci d'avoir essayer de me faire aimer les Maths peut-être dans une autre vie" (<- Tristan)

et même Donovan a écrit: "Bon dépard bonne chance et excusé moi d'avoir mit le bo***l souvent dans votre cour."


Les 4A furent plus 'softs'

avec à l'intérieur "Vive les Maths" et des petits dessins, des bouts de formules ...
Certaines filles m'offrirent même un cadeau: un stick pour les lèvres (j'ai en permanence une lèvre plus ou moins gercée).


Rajoutons à tout cela que la secrétaire, le matin-même, m'a également fait un cadeau:



Ca vaudrait presque le coup de partir toutes les semaines ...

vendredi 7 mars 2008

Mythe ou réalité ?


On dit souvent que les filles font un travail plus soigné, plus propre, que les garçons. Vrai ? Faux ?
Je vous propose donc ce petit jeu.

Les photos ci-dessous représentent les maquettes de chateau-fort réalisées par les 5e: 6 groupes, dont 3 exclusivement composés de filles, 1 mixte (3 garçons et 1 fille) et 2 de garçons uniquement. À vous d'essayer de retrouver quelle maquette appartient à quel groupe.

Maquette 1:


Maquette 2:


Maquette 3:

(Celle-là a eu ses tours à l'avant gauche ecrasées par des 4e qui vont devoir s'en expliquer la semaine prochaine)

Maquette 4:


Maquette 5:


Maquette 6:



Alors, trouvé ? Mythe ou réalité ?
Personnellement, mon idée est faite ...

jeudi 6 mars 2008

Comiques malgré eux ...


Parce qu'il y a aussi des moments où les élèves, volontairement ou pas, font de l'humour, voici quelques uns de ceux-ci.

On commence donc hier, avec la classe de 4B, et tous les élèves présents, sauf deux. L'un des deux arrive alors et m'explique l'absence de son compère:
"Glenn va pas arriver tout de suite, il a oublié son sac en venant au collège."
Évidemment, son arrivée dans la classe a été accueillie par quelques rires.

Geoffrey également a tenté un trait d'humour, en me lançant, alors qu'il sortait de la salle "on se rappelle !?".
C'eut certainement pu être drôle, si ce n'est que le cours n'avait commencé que depuis 15 minutes, et que ce pauvre Geoffrey faisant remarquer à ses camarades qu'il se faisait ch**r, c'est par pure compassion pour lui que je l'envoyai faciliter son transit intestinal ailleurs.

Nous arrivons maintenant à ce matin, et au contrôle des 3A. Si j'ai pu dire ça et là que Donovan ne savait pas faire grand chose, il est je crois temps aujourd'hui de rétablir la vérité: Donovan ne sait rien faire, pas même copier, en tout cas pas discrétement.
- Donovan, demande sa feuille à Guillaume, ça ira plus vite ...
- au moins j'écris quelque chose


Passons maintenant aux 3C et en particulier à Benoit, qui, sur une feuille d'exercices supplémentaires - une punition - m'a laissé ce petit commentaire:

et a ensuite fait deux exercices en plus de ceux que j'avais demandé.

Enfin, il faut que je vous présente Alexis, source inépuisable d'aneries en tous genres.
Ainsi, dans le contrôle, où il était question d'un magasin de location de DVD du nom de Vidéomaths, m'a demandé si c'était un magasin qui louait des DVD de maths ... Oui, il était on ne peut plus sérieux en posant sa question.
Un peu plus tard, en aide aux devoirs, alors qu'il s'amusait avec un porte-clé en forme de balle de baseball et l'avait fait tombé par terre, m'a demandé:
- Vous voulez la boule monsieur ?
- oui, je vais la prendre, puisque toi, tu la perds...
Les filles derrière lui ont compris au bout de 2s, mais pour sa part, il est encore persuadé que j'ai fait une mauvaise blague sur ses 'boules' ...



Demain sera également mon dernier jour en tant que prof de maths au collège, puisque le collègue que je remplace prend son poste lundi. C'est donc le dernier jour où j'aurai ces élèves. Les 3C m'ont fait cette promesse aujourd'hui:
"Monsieur, demain, vous allez pleurer ! mais en bien !
Je m'attend donc au pire...

mercredi 5 mars 2008

Motivé !


Oui, motivé! Même pas peur!
Parce qu'il faut savoir se fixer et relever des défis dans la vie, j'ai décidé de faire quelques rappels de statistiques aux 3e, mais en plus d'habiller tout ça derrière un problème de cryptanalyse.
En général, l'énoncé du mot "statistiques" déclenche un dégoût général qui se manifeste souvent par "ahhhhhhh, non!" - oui, bon, comme tous les termes de maths en fait...
D'où: feinte !
"- bon allez, maintenant on va faire un peu de stats.
- de... quoi ?
- de stats... de statistiques!"
Et là le cerveau de l'apprenant moyen est piégé: trop occupé à enregistrer dans un petit coin de sa mémoire l'abréviation, il n'a pas le temps de penser à ce qu'elle veut dire qu'il entend déjà le prof parler d'autre chose. Et hop, ni vu ni connu !

Bon, reste tout de même le deuxième mot, cryptanalyse, que j'avais accompagné au tableau de 'cryptographie' et 'crypter'.
"- c'est un truc de médecin !
- ça a un rapport avec le coeur !

Ils ont failli pas tomber loin, puisque cela consiste en fait à déchiffrer des messages codés.
Evidemment, j'avais préparé ma petite introduction historique, le seul point de détail sur lequel je n'étais pas encore décidé étant un terme qui d'un côté m'aurait permis de captiver d'un coup l'attention de toute la classe, mais d'un autre côté me l'aurait fait perdre 2s plus tard.
J'avais en effet deux possibilités: dire qu'il est fait mention de messages codés dans un récit indien du Ve siècle, mais basé sur des manuscrits plus anciens, ou bien dire qu'il est fait mention de messages codés dans le Kama-Sutra.
Finalement, ni l'un ni l'autre, je suis allé directement à l'essentiel, mais je sais maintenant que je n'en parlerai pas non plus demain avec les 3C, problème réglé.

Je leur ai donc expliqué l'enjeu, déchiffrer un texte codé, en utilisant des stats, pour retrouver le texte originel.
Je me suis bien évidemment arrangé pour que ce soit un texte qu'ils ne connaissent pas, et j'ai donc pris celui qu'ils ont eu en dictée au brevet blanc de janvier, au moins je suis sûr qu'ils ne le reconnaitront pas...

Et bien à ma grande surprise, les élèves jouent pour l'instant le jeu, comptent le nombre d'apparition de chaque lettre du texte, mais ne peuvent pas s'empecher de râler tout de même à petits coups de "ah! ca fait mal aux yeux !" "- monsieur, fallait pas me parler, j'ai perdu le compte! - c'est dommage ça, tu vas devoir recommencer ..."
On verra demain l'accueil que vont me réserver les 3C et s'ils vont réussir à retrouver le texte.






P.S.: Pour ceux d'entre vous qui ont envie de s'amuser aussi, voilà le texte:
BGIMCFEDALRQGPCAPECABBGQMNOGCQLHQJJBQNCIGKQGFHQNA
BCVCAPJMGNEGEAXRQAPCFNOAGFKQABFGNGPMHQVCPGFLHMGK
QGFKQCPMAGDGDCANHFFHNCAPBGJBCANCFPGMLGPCAPQFEGLGN
GNJMAPNEMHAPNKQACJJMGFFGFPEAUUALABGDGFPKQAFGEGVAF
GFPMAGFNGQBGDGFPKQCFEABNCVCAPQFGLRHNGABBCNCVCAPC
UHFEGPJHQMPHQTHQMNUHMPLHDDGPCABBGCLHQJNEGRCLRGAB
MGIFCAPGFDCAPMGJGFECFPBGNMGLMGCPAHFNBGIMCFEDALRQN
GJBCANCAPCQLHBBGIGLGKQAFGPCAPJCNBGDHAFEMGEGFHNGPH
FFGDGFPNABFYGJMHQVCAPKQQFNQJJBALGEHFPABFHNCAPJCMB
GMBCUCADBGIMCFEDALRQCVCAPPHQTHQMNUCAD
Le but est de compter le nombre de fois qu'apparait chaque lettre dans le texte codé: par exemple, la lettre qui apparait le plus grand nombre de fois à de très fortes chances de remplacer le 'e' ... etc

MAJ: pour ceux que ça intéresse: la feuille distribuée aux élèves, avec les fréquences moyennes des lettres de l'alphabet. (pdf 55ko)