Le self-collège !

En effet, en ce moment, c'est le collège à la carte. Passons rapidement sur les 76 absents de vendredi dernier - le collège ne faisait pas le pont - sur les 200 élèves de celui-ci mais précisons toutefois que certains étaient tout de même présents devant le collège aux heures de sortie histoire de bien confirmer qu'ils étaient absents sans raison valable.
Les motifs d'absence sont d'ailleurs plutôt originaux dans leur genre, puisqu'on peut trouver "les autres collèges faisaient le pont" ou encore "panne de réveil". Bref.

Mais les cours à la carte se retrouvent également dans d'autres cas, témoin par exemple ce mot trouvé dans un carnet - non je ne dirai pas qu'il s'agit de celui de Jessy - et où sa génitrice "l'autorise à aller sur le plateau (= terrain de sport) à côté du collège le mardi en S3 et le mercredi en M4. Merci."
Normalement Jessy a étude à ces heures-là, mais comme de toute façon, "c'est que de l'étude, pas des cours", autant qu'il passe ces heures à l'air libre.

Dans le même genre, Geoffrey (4B) s'est également éclipsé du collège pendant deux heures cette après-midi - heures pendant lesquelles il était censé avoir étude - pour 'aller faire un tour' et revenir à 16h45 à la gare routière au collège pour reprendre son car et rentrer chez lui.
Pardon, il avait un mot de sa mère l'y autorisant - mot qu'il n'a évidemment montré à personne puisqu'il savait très bien qu'il lui serait interdit de sortir, mot ou pas mot des parents.

Niveau restauration, l'état d'esprit est le même, puisque le dernier jour avant les vacances, une élève a demandé à manger au collège pour pouvoir être avec ses copines une dernière fois - chose qu'il ne lui a finalement pas été accordé de faire, la pauvre petite ...

Jeudi prochain, pour cause de grève, le repas ne sera pas assuré au collège, qu'à cela ne tienne: "si ya pas cantine, je viendrai pas!"
Et oui, logique imparable ! ...

L'aide aux devoirs n'est pas non plus en reste, puisque là où étaient présents il y a quelques semaines 20 à 30 élèves, ce ne sont plus quà peine une dizaine que l'on retrouve aujourd'hui - les parents et les élèves s'étaient pourtant engagés sur leur présence. Et surtout, il serait trop compliqué pour eux , de prévenir de l'absence de leur progéniture..
La preuve en a été faite déjà de nombreuses fois, comme par exemple avec les parents d'Arnaud (6e), qui avaient demandé à voir la collègue de Français. Celle-ci prend donc rendez-vous avec eux pour mardi dernier, 17h, et reste exprès pour ça une bonne partie de l'après-midi au collège. Et Arnaud de prévenir à 16h que ses parents finalement ne viendraient pas. Un deuxième rendez-vous est pris pour aujourd'hui, même cause, même résultat, ceux-ci ne viendront pas.

Même chose du côté de la chef, qui attend un coup de téléphone de la mère de Camille (6e aussi) pour prendre rendez-vous. La seule réponse qu'elle ait eu jusqu'à présent de la part de Camille - et donc indirectement de sa mère - c'est un simple et fort agréable "ma mère n'a pas que ça à faire".
Oui, parce que nous on s'amuse au collège, on n'a pas de travail, alors on dérange ceux qui en ont un vrai, eux...


Enfin, bref, pourquoi voulez-vous demander à des gamins de se plier à des règles quand leurs parents eux-mêmes sont complètement à côté de la plaque ?

Allez deux derniers exemples pour la route:
Océane (4A) qui, n'ayant plus sa blouse, a eu l'excellente idée d'aller en emprunter une - emprunt (très) longue durée - dans le casier d'une autre élève, d'y découper l'étiquette qui portait le nom de sa véritable propriétaire, et d'écrire le sien sur la blouse. Prévenu, le père a juste répondu qu'"il n'y a pas mort d'homme".

Enfin, Juliette et Manon, deux soeurs dont l'une a réussi, chez elles, à casser les dents de l'autre. Arrivées au collège, le collègue d'EPS, demandant par simple curiosité des explications sur le manque de dents de l'une d'elles, a ensuite fait quelques remarques sur son acte à l'une des filles - des banalités de tout le monde, rien de bien méchant.
Il n'aura pas fallu longtemps pour que leur mère appelle la chef pour se plaindre de ses profs qui "se mêlent de leur vie privée, de ce qui ne les regardent pas".(sic)