Trois semaines maintenant que je suis dans un autre collège, il est donc temps d'en tirer un bilan sur les élèves.
Premier constat: le niveau de 4e est définitivement pénible. Il doit se passer quelque chose pendant les vacances entre la 5e et la 4e, c'est pas possible autrement.
Ensuite, toujours pour achever les 4e, il semblerait qu'il y ait une malédiction sur la 4A en particulier. Car si j'ai laissé d'un côté une classe de 4A avec notamment un certain Nicolas particulièrement usant nerveusement, ça n'aura été que pour retrouver une classe de 4A avec notamment un certain autre Nicolas particulièrement usant nerveusement. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, il est en plus livré en pack avec trois autres qui n'ont quasiment rien à lui envier, j'ai nommé Yoann, Grégory et Bastien. Consolation malgré tout, Yoann est parti en stage, on ne le reverra pas d'ici la fin de l'année, et Grégory était absent hier, je n'avais donc que deux bourrins sur quatre - comme au PMU - à canaliser.
Et évidemment, niveau courage au travail, on est plus proche du zéro que du héros.

Les 5e quant à eux sont toujours sympas. J'en veux pour preuve un des derniers cours où, pour expliquer une notion, j'ai utilisé l'image de personnes qui descendent d'un bus. Ainsi, pour illustrer mes propos, j'exécute au tableau de magnifiques dessins au moins aussi bien que ceux qu'ils pourraient faire, sinon pire. Et j'avais en plus rajouté un handicap supplémentaire: une allusion au foot.
En même temps ça tombait bien, la première partie de mon explication, où je fais descendre les personnes du bus, tombait le jour du match France-Italie et la deuxième partie, où ils remontent, le lendemain. Mardi, mes petits gugusses, aussi bien dessinés qu'en maternelle, sortaient du bus pour aller voir le match, le lendemain, ils remontaient pour rentrer chez eux. J'ai alors pensé à ce que cela aurait pu donner avec les 5e que j'ai eu cette année, ou même ceux de l'an dernier; car si cette année, les élèves ont joué le jeu, ont écouté - et apparemment compris ! - avec d'autres, ça n'aurait pas manqué de donner quelque chose comme ça:
(moi en train de dessiner le bus et les gens dedans)
- Monsieur il est bizarre votre bus !
- ouais, il lui manque des roues ! (variante: il a beaucoup de roues !)
(...)
- (moi) et donc ils vont voir le match, ils descendent du bus et vous voulez leur donner leurs places ...
- M'sieur, c'est quel match ?
- c'est le PSG les meilleurs de toute façon!
- n'importe quoi, c'est l'OM !
- Monsieur, vous êtes pour quelle équipe ? ...

Bref, pour l'instant tout se passe bien, un des seuls incidents que j'ai eu à déplorer venant de Romain, qui s'est mis subitement en cours à saigner du nez (plus précisément de la narine droite, c'est important pour la suite), et est donc parti se faire soigner. 5 minutes plus tard, il revient, avec un gros morceau de coton dans la narine - ce qui n'a pas manqué de faire rire les autres - et a finalement à peine le temps de faire 5m dans la salle qu'il se remettait à saigner, mais de la narine gauche cette fois. Retour à l'envoyeur, sous les rires de toutes la classe...

Finissons-en avec les 3e - dans tous les sens du terme d'ailleurs - qui sont dans l'ensemble malgré tout volontaires, et se mettent au travail relativement facilement. "Dans l'ensemble", puisqu'évidemment ce n'est pas le cas de tous dans la classe, et notamment de deux garçons, Sébastien et Cédric, qui passent leur temps à ne rien faire. Après leur avoir demandé d'avoir un cahier ouvert et un stylo à la main, pour au moins faire semblant de travailler, j'ai tenté le quitte ou double et ait envoyé Cédric au tableau écrire la correction que lui dictait un autre élève. Ce champion a donc commencé par casser en trois morceaux une craie en appuyant dessus comme un âne, et a ensuite écrit en majuscules, en très gros, en très petit, ... bref, n'importe comment, histoire d'amuser la galerie. Et ça, faut pas (et faux pas) ! Parce que je ne peux pas m'empêcher par la suite de rentrer dans le jeu, et d'amuser la galerie moi aussi, mais avec, et surtout aux dépends de celui qui est au tableau. Et ça, l'ami Cédric n'a pas beaucoup apprécié, car de rigolard qu'il était au moment de venir au tableau, à faire le mariole, il en est parti moins joyeux et le sourire en moins.


Allez, plus que deux semaines ...