c'est en effet tous les jours la fête avec les 3A en ce moment. Pas plus tard que jeudi dernier par exemple, la séance, de durée normale 55 minutes, a été abrégée a bout de 35. Bon c'est de ma faute, j'ai arrêté le cours juste après qu'un stylo m'ait frôlé la tête et rebondi sur le mur à côté du tableau, et j'en ai bêtement déduit qu'on cherchait à me viser avec le stylo. Je me suis donc assis, ait rangé mes affaires et leur ait demandé 'gentiment' - très - de la boucler jusqu'à la fin de l'heure sous peine de recevoir quelques exercices supplémentaires à me faire sur feuille pour le lendemain, ce qui fut fait (pas le silence, les exercices, et encore ...)
Évidemment, personne n'avait vu qui était le lanceur, et inutile de préciser que ce n'était bien sûr personne de la classe. J'ai bien pensé à quelqu'un qui aurait ouvert une fenêtre discrétement, lancé le stylo et serait reparti en courant, mais ce n'est pas possible, il n'y avait pas de trace de pas dans l'herbe... Je dis ça parce que la fin de trajectoire du stylo laisse supposer qu'il était parti des environs de Donovan et ce cher petit m'assure que ce n'est pas lui (tout comme ce n'était pas lui non plus qui avait enduit mon stylo de colle - ah bah si tiens en fait c'était lui, ça alors!) et il était assis près de la fenêtre.
Vendredi, ce dernier n'était pas là, la séance a pu se dérouler normalement: ceux qui voulaient travailler ont travaillé, les autres ont fait semblant, mais pas trop sinon on aurait pu finir par y croire.

Oui, mais... jeudi, juste après mon heure pourrie d'avec les 3A, j'ai eu les 3C, et Gaëlle (pour ceux qui suivent, l'élève de 4B de l'an dernier démasquée grâce à son blog) est venue me voir à la fin de l'heure:
"- Monsieur, il parait que vous avez eu des problèmes avec les 3A
- oui ?
- on vous aurait lancé un stylo ...
- tu sais qui c'est ?
- peut-être..."

Arrivé à ce stade, il faut savoir que ces élèves ont des valeurs profondément ancrées au fin fond d'eux-mêmes, et notamment le 'je suis pas une balance' qui fait qu'à la moindre anerie, tout le monde couvre tout le monde. Il faut donc ruser pour leur faire dire des choses sans les dire.
"- la première lettre du prénom est dans les cinq premières de l'alphabet ?
- (avec un grand sourire) possible ..."

Bon, procédons par élimination: dans ce coin il y avait Tristan, Frédéric, Donovan...

J'ai donc rédigé un rapport - si on veut pouvoir se débarasser de lui, il faudra de la matière - et visiblement il en avait entendu parlé puisque la première chose qu'il m'a dit en entrant dans la salle aujourd'hui c'est grosso modo "pourquoi vous dites que c'est moi qu'ait lancé le stylo ? C'est pas vrai!" et a fini - pour l'instant - avec un très beau "de toute façon si je me fais virer du collège à cause de ça je porte plainte pour faux témoignage!"
oh le pauv' 'tit choupinet ...

L'heure a ensuite comme d'habitude été pourrie par Donovan et Tristan, l'un faisant exprès de provoquer par son attitude et ses réponses aux remarques, et l'autre benêt s'amusant à éclater une cartouche d'encre et à jouer avec l'encre qu'il avait fait coulé dans une petite boite.
Juste pour rappel, on parle bien d'élèves de 14/15 ans en 3e...

Et finalement, la fin de l'heure fut à la hauteur des 55 minutes précédentes, grâce à Tristan d'une part qui, protestant parce que je ne l'avais pas envoyé au tableau corriger un exercice, s'est fendu d'un "on est encore en République on a le droit de s'exprimer si on veut" - oui mais toi t'as juste le droit de la fermer, grosse tâche non; et Donovan qui m'a dit au revoir à sa façon: "si vous voulez que je vous envoie un stylo, je vais en envoyer un, mais je vous louperai pas!"

Chouette, des menaces !